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« Louve musulmane » et la liberté d’expression

Thème : Religion, Livre, Censure
Publiée le 22/03/2013 |
9628 | 6
Révélée par EL ATRASSI Amale |
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boycote médiatique
J’ai un frère célèbre qui fait obstruction à la liberté de la presse en activant son réseau pour empêcher qu’on parle de mon livre. Je m’appelle Amale El Atrassi. Mon frère s’appelle Mustapha El Atrassi. J’apporte ma vérité.
 
L’histoire : J’ai publié en janvier 2013 un livre intitulé « Louve Musulmane », aux éditions de l’Archipel. Autobiographique, l'ouvrage lève le voile sur mon enfance, insupportable, marquée par violence et drames familiaux. J’y raconte, entre autres, les sévices dont mes sœurs et moi avons été victimes, parce que « nées de sexe féminin ». J’y raconte aussi mon père, alcoolique, qui tabassait ma mère, la manière dont j’ai été séquestrée au « bled » parce que j’avais tenté de fuguer, le viol collectif dont j’ai été victime…
                            
Depuis la sortie de mon livre, je subis de violentes pressions de la part de mon frère, l’humoriste Mustapha El Atrassi, qui a mobilisé son réseau pour me faire bannir de tous les plateaux télévisés sur lesquels il a des amis.
 
Certains journalistes m’ont fait savoir — par le biais de mon attachée de presse — qu’ils auraient aimé me recevoir mais que mon frère avait menacé leurs rédactions.
 
Je ne citerai pas les complices de ce boycott pour ne pas rendre public leur manque de professionnalisme. Parmi eux, je dirai seulement qu’il y a des producteurs influents et des animateurs célèbres, qui se disent terrorisés à l’idée de se faire réprimander ou harceler après une éventuelle collaboration.
 
Qu’en est-il de la liberté de la presse, de son libre-arbitre et de son devoir d’informer ? Qui est Mustapha El Atrassi ? Quelle importance peut-il bien avoir dans le monde des médias pour déclencher une telle omerta ?
Ce réseau de copinage et ces méthodes de mafieux me laissent circonspecte. J’ai l’impression d’être victime d’une injustice telle que je ne peux que tenter de m’en défendre avec la vigueur de l’innocent qu’on jette en prison.
 
Lors d’un passage radio sur France Bleu, le 26 janvier 2013, Mustapha El Atrassi a été interrogé sur mon livre. Il a refusé de répondre aux questions du journaliste, arguant qu’il refusait de parler de sa vie privée. Deux points m’ont ce jour-là chiffonnée. Le premier, c’est que le livre raconte mon enfance, mon viol. Ma vie, donc, pas la sienne. Le second, Mustapha venait de se répandre, une minute avant, sur la relation qu’il entretient avec notre maman. L’émission en question est restée en podcast une journée avant que Mustapha ne la fasse retirer de la plateforme de téléchargement de Radio France. Mustapha préfèrerait donc saboter sa propre promotion plutôt que de tolérer qu’un seul mot soit dit sur la mienne. Même si nous sommes frère et sœur, mon histoire m’appartient. J’ai le droit de la raconter, quelle qu’elle soit, et quelles que soient mes raisons. « Ma » vie privée n’est pas « sa » vie privée, et il n’a aucun droit de regard sur ce que les médias acceptent de dire de mon travail.
 
Qu’attendait-il de ma part ? Que je signe mon livre d’un pseudonyme pour ne pas lui faire d’ombre ?
 
Mon nom m’appartient autant qu’il lui appartient. Je suis une El Atrassi au même titre que lui. Mustapha n’a pas le monopole du nom. Mais poursuivons. Interrogé par un magazine quelques temps plus tard, Mustapha a démenti les faits. Il a dit qu’il n’avait jamais empêché qui que ce soit de faire la promotion de Louve Musulmane. Soit.
 
J’aime mon frère de tout mon cœur. Ce que je raconte de lui dans mon livre, c’est la manière dont je l’ai chéri dès sa naissance, la manière dont je me suis battue pour qu’il puisse s’épanouir dans un contexte difficile. Je l’ai toujours défendu, parfois à la force de mes poings. Ma famille était pauvre. Ma sœur et moi avons soutenu ses « ambitions » de comique. J’ai volé pour qu’il ne manque de rien. Jusqu’à aller en prison pour cela. Ne lui ai-je pas consacré un chapitre de Louve Musulmane dans lequel je l’appelle « le chérubin prodigieux » ?
 
Les chapitres de mon livre qui parlent de Mustapha le présentent comme un don de Dieu, un bébé chéri, puis comme un jeune homme talentueux et unique. Des journalistes ont dit qu’au travers de mon livre, je réglais mes comptes avec mon frère. C’est donc un raccourci malheureux. J’aimerais mettre les choses au clair une bonne fois pour toutes.
 
Les raisons qui m’ont poussée à écrire « Louve Musulmane » n’ont rien à voir avec Mustapha El Atrassi. Je me sens investie d’une mission de vulgarisation et de mise en garde contre ce que j’appelle « l’islam des illettrés », dans lequel les femmes sont considérées comme des « inutilités ».
 
Mon livre n’est pas un livre de « dénonciation people », donc ; c’est le parcours d’une femme meurtrie qui utilise l’écriture comme vecteur d’un message fort. Il soulève des problématiques sociales et théologiques profondes.
 
Oui, mon frère apparaît dans l’ouvrage, mais très peu. Il fait partie de mon parcours de vie, qu’y puis-je ? La manière dont j’en parle est pleine de tendresse. Elle ne lui porte pas préjudice. J’aurais pu en dire beaucoup plus.
 
Qu'est-ce que je dénonce exactement dans « Louve Musulmane »? J’y dénonce la manière dont les « filles » naissent défavorisées dans certains foyers, bouches supplémentaires à nourrir, alors que les enfants mâles sont investis de toutes les capacités d’attention et d’amour.
 
J’ai été victime d’un viol collectif, à Rabat, l’année de mes quinze ans. J’y dénonce également, donc, l’absurdité de cette loi marocaine qui veut que la victime soit mariée à son violeur sous peine de causer le déshonneur de sa famille.
 
Enfin, je suis française, née en France, mère de quatre enfants français, pourtant, l’administration française me refuse des papiers. Je dénonce ceci également. J’ai été présentée par la presse comme une victime larmoyante. Je ne suis pas ce personnage démissionnaire, en quête de compassion et prompt à tirer des larmes à ses lecteurs. Ma démarche est une démarche de prise de pouvoir, le seul espoir des femmes qui vivent étouffées par des traditions archaïques. Car l’Islam est une religion merveilleuse, que je pratique ; mais qui, mal appliquée, se transforme parfois en étouffoir à jeunes filles.
 
On me pose souvent cette question : pourquoi Mustapha voudrait-il ainsi saboter ses sœurs ? Pas par jalousie, évidemment. Nous ne nous plaçons pas dans une optique de compétition, et nous serions bien naïves d’imaginer pouvoir rivaliser avec son talent. Le problème n’est pas là. Je n’ai aucun linge sale à laver, et encore moins en public. Je le répète, Mustapha n’a aucun intérêt dans cette affaire, et il n’a rien à voir avec la thématique de mon livre.
 
Aujourd’hui, je demande donc officiellement, par conscience professionnelle et par respect pour la liberté de la presse, que les journalistes, producteurs et animateurs TV qui ont donné suite aux revendications (injustifiées) de mon frère, reviennent sur leur boycott et donnent une chance au potentiel de « Louve Musulmane ».
 
En attendant, la promotion du livre continue sur Internet, à la presse, à la radio, en librairie, et en dédicace. J’invite tous ceux qui respectent la liberté de la presse à la suivre avec moi par le biais de mon compte Facebook.
 
facebook.com/el atrassi amale louve musulmane
Louve Musulmane, de Amale El Atrassi. 

(en collaboration avec Clarisse Mérigeot)

Editions de l'Archipel


ISBN : 978-2-8098-0989-3

Date de parution : 09/01/2013

Collection : Témoignage, document

Nombre de page : 200 pages environ.

 
Résumé :
 
Ce livre est le témoignage d’une femme forte et digne. Courageuse aussi, car, en dévoilant la vie et les coutumes de son foyer d’expatriés marocains, elle risque sa vie. Unique, parce que c’est la première fois qu’une femme musulmane raconte avec une telle honnêteté la succession de brimades et d’horreurs dont elle et ses sœurs ont été victimes pendant leur jeunesse.
 
Viol, exil forcé, violences physiques, harcèlement moral, prison... Amale raconte son histoire, celle de sa sœur et de sa famille, en commençant par le portrait de sa mère, mariée de force à 16 ans à un homme qu’elle n’aimait pas, et qui s’est rapidement révélé alcoolique et violent.
 
Elle habite aujourd’hui près de Tours et a quatre enfants. Elle est la sœur de l’animateur et humoriste Mustapha El Atrassi.
 
Un extrait du livre est téléchargeable sur le site de l’éditeur, Les Editions de L’Archipel, à ce lien : editionsarchipel.com/livres/louve-musulmane

Le Vériteur

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EL ATRASSI Amale

Amale El Atrassi, biographie. Amale El Atrassi est née le 10 juin 1975 à Bourges (Cher). Originaire du Maroc, son père a immigré en France avec sa mère dans les années 1960, pour travailler à l’usine d’électroménager de Rosières. Après avoir eu des parcours personnel et familial chaotiques qu...
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