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Mon combat contre les abus sexuels et la violence

Publiée le 15/04/2013 |
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Révélée par GARNIER Angela |
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Chut, je parle...

Publié le 15/05/2013 | Mis à jour le 15/05/2013
Image principale du rebondissement Depuis trois semaines que mon article est paru sur « Ma Vérité Sur », de nombreux événements se sont produits. J'ai parfois l'impression de vivre ma vie à 200 km heure, un comble pour une femme qui n'a toujours pas passé son permis ! Mais cela ne saurait tarder...

La parution de cet article m'a permis de nouveaux témoignages, mais aussi de nouveaux contacts, dont un important avec une femme qui a monté son association il y a quelques années. Nos échanges m'ont fait du bien, m'ont aussi et surtout aidée à y voir plus clair dans mon projet d'association. Je sais qu'il me sera impossible de finir ma vie sans créer celle-ci, sans la faire vivre comme je veux qu'elle vive, dans l'aide que je veux apporter aux victimes.

Je veux dire un GRAND STOP aux abus sexuels et à la violence, je sais aussi qu'il faut commencer petit pour devenir grand. Alors il y a quelques jours j'ai repris mon téléphone pour continuer ce que mon livre récit m'a permis de comprendre, ce qui me paraît une évidence de vie et j'ai demandé un dossier pour faire enregistrer mon association au journal officiel à la préfecture. J'ai créé une page au nom de mon association « Abus sexuels, STOP, Je parle ».

J'ai déjà parlé de mon passé, mais je me dois d'expliquer à présent ce qu'il s'est produit dans ma vie depuis la sortie de mon livre il y a un peu plus d'un an, un moment difficile à vivre dans les réactions de certains membres de ma famille qui auraient préféré que je me taise sur mes douleurs, sur mes vérités. Des mots rapportés qui m'ont foudroyée par leurs bêtises plus que par leurs méchanceté et heureusement qu'une amie des plus précieuses a su me parler, me dire des mots qui font pansements sur des plaies à vif. Une amie qui a partagé bien des choses, une amie dont le soutien est sans failles, une amie sans qui cette association ne saurait vivre et qui fera partie, une évidence pour moi, de celle-ci.

On voulait que je me taise sur mes vérités, sur ces sujets tabous, sur ce qu'il m'a fallu surmonter   pour continuer à avancer. On a voulu salir la petite fille que j'avais été, la femme que j'étais parce qu'enfin j'avais parlé. On a voulu remettre en cause mes vérités... Puisqu'on aurait préféré que je reste avec mes douleurs de victime d'abus sexuels, de maman d'une victime d'attouchements sexuels. On aurait voulu que je ne parle pas, que je n'écrive jamais ce livre, que je reste mal dans ma peau seule dans mon coin. Eh bien je n'allais plus m’arrêter de parler, d'écrire pour moi mais aussi et surtout pour d'autres victimes. Parce qu'aujourd'hui que j'ai enfin vidé mon sac, j'avance plus solidement, je ne suis plus sur un fil, je n'oublierai jamais mes années de tortures morales, physiques, elles font partie de moi, elles sont mon histoire, elles sont ce qui fera que mon combat contre les abus sexuels sera fort, parce qu'elles sont aussi ma force.

Je me dois de venir vers les victimes, pour les aider à se vider, à vomir ce qu'elles ont besoin de vomir pour qu'elles puissent vivre autrement. Pour les aider à comprendre qu'elles sont victimes et pas coupables, qu'elles n'ont pas à avoir honte d'elles, ceux qui sont les agresseurs sont les coupables, ils sont ceux qui doivent avoir honte de leurs agissements lourds en conséquences pour les victimes.

Mais je me dois tout autant de venir vers des victimes potentielles, je veux absolument sensibiliser le plus grand nombre de personnes sur ce sujet, parce qu'il ne faut pas fermer les yeux sur celui-ci, faire comme-ci cela n'existait pas, chaque région de France est touchée par de tels actes.

Nos agresseurs, leurs menaces, leurs propos, eux qui nous font subir et nous demandent de nous taire, eux qui détruisent nos vies, nous « obligeant » à des silences bien trop lourds à porter.

Si le sujet des abus sexuels, de l'inceste reste des plus tabous, le nombre de victimes n'en reste pas moins des plus inquiétants. On chiffre en 2008 plus de 2 millions de victimes d'abus sexuels. On parle d'une fille sur huit et d'un garçon sur dix victimes d'abus avant 18 ans, une fille sur 15 et un garçon sur 33 victimes d'inceste, de viol. Ne dit-on pas qu'il ne faut pas voir le mal partout ? Je pense que si le mal est partout, les coupables des proches pères, mères, amis, oncles, grands-pères, directeurs d'école, moniteurs, hommes d'église, frères, un agresseur sur deux est un proche, un ami, une connaissance...

A l'heure ou la télévision, les médias, les magazines, abordent différents sujets, différents fléaux dans les différentes sociétés, il me semble être grand temps de ne plus faire de ce fléau des abus sexuels un sujet tabou. Aujourd'hui c'est un million de Français qui auraient subi des agressions sexuelles dans leurs enfances. De nombreux interdits empêchent les victimes de parler, ceux psychologiques, culturels, institutionnels. Lorsqu'une victime dénonce, elle se retrouve devant des magistrats, des avocats, des médecins, des gendarmes, des policiers, elle doit aussi affronter la famille qui préfère trop souvent mettre en doute ses propos, et seulement un coupable d'abus sur cinquante est condamné à la prison !!

La victime met en place quelque chose que je connais bien, la survie, tout en vivant avec différents troubles bien connu des victimes, les troubles anxieux, alimentaires, une certaine dépendance, et bien d'autres pour ma part. Il y a aussi les troubles de la sexualité, de la personnalité, la prostitution, la délinquance, les tentatives de suicides. Voilà pourquoi il m'est impossible de rester silencieuse, voilà pourquoi il m'est impossible de ne pas venir en aide aux victimes, voilà pourquoi cette association est importante pour moi, mais surtout pour elles à qui je veux qu'elle apporte un réel soutien.

Mais aussi parce que j'ai espoir de faire bouger les choses, pour dire haut et fort que les abus sexuels sont des crimes inacceptables, pour que soit montrés du doigt les auteurs de ces actes abjectes, pour qu’eux portent la honte qu'eux seuls doivent porter.

Dans un premier temps, mon association organisera des groupes de parole, pour que les victimes puissent se sentir moins seules, pour qu'elles puissent s'exprimer librement. Mais j'ai aussi plusieurs autres projets pour cette association, car si dans les écoles, collèges, lycées en France, il existe de la prévention routière, de la sensibilisation sur la drogue, il me semble tout aussi important de sensibiliser, de prévenir, de parler des abus sexuels.

Ma fille avait deux ans et demi lorsqu'elle a parlé des attouchements sexuels dont elle avait été victime de son père, en parlant se sentant en confiance à des kilomètres de son père abuseur. Elle s'est sauvé de l'enfer de l'inceste qui dure des années pour certaines victimes qui ne savent pas vers qui se tourner pour parler, des victimes qui pensent parce qu'on leur a imposé de le penser que ces agissements sont « normaux », des victimes qui se trouvent dans toutes les écoles de France, il ne faut pas fermer les yeux sur cette réalité.

Je pense aussi qu'il faut former certaines personnes, parents, instituteurs, professeurs à parler de ce sujet. J'ai de nombreux projets pour cette association, différentes choses à mettre en place : tout ne se fera pas en un jour. Mais je sais une chose, une chose dont je ne doute plus c'est ma capacité à me battre, alors je vais me battre pour que le jour de mon dernier souffle, pas avant une cinquantaine d'années j’espère, tous les projets que j'avais pour cette association d'aide pour les victimes d'abus sexuels soit réalisés et qu'ils fonctionnent du mieux possible.

Je m'exprimerai encore sur ce sujet, sur mon association dans quelques temps ; ainsi tu pourras, toi qui me suis déjà, la suivre, me soutenir et la soutenir dans cette démarche de lutte contre les abus sexuels.

 

J'aimerai aussi adresser un message à toutes ces personnes qui dénoncent des abus pour des X et Y, et qui n'ont jamais été des victimes, pour ces mères ou ces pères qui obligent leurs enfants à dénoncer des actes qui n'ont pas eu lieu pour régler leurs conflits de séparation. Ces fausses déclarations compliquent de nombreuses manières la parole des vraies victimes. Les abus sexuels ne sont pas un sujet avec lequel on peut se jouer d'un autre sans mesurer la gravité de ses actes sur les vraies victimes.

 

Je te remercie de m'avoir lu, je te dis à bientôt.

Angela

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