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Racisme anti-blanc : peur et stigmatisation

Publiée le 20/12/2012 |
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La droite « décomplexée » reprend à son compte cette vieille idée du racisme anti-blanc.Réflexion sur l’instrumentalisation politique d’un concept dévoyé.
Il faut mesurer les mots, à l’aune de notre histoire. La droite, ses partis, ses membres et ses militants incarnent une vision patriote d’une France « Franco-Française, nationaliste et orpheline de ses colonies ».
Nous sommes loin, et la jeunesse de notre pays est loin de cette vieille idée d’une France « ex grandeur coloniale ».
Comme si le racisme anti-blanc pouvait-être l’antidote au racisme ordinaire, tel que nous le connaissons.
 
La droite décomplexée c’était le « Hitler plutôt que le front populaire » en 1936.
La droite décomplexée, c’était « l’homme Africain n’est pas encore rentré dans l’histoire » (Nicolas Sarkozy, président de la république française, lors de son discours de Dakar).
La droite décomplexée, c’est « les prestations sociales sont un cancer pour la société » (Laurent Wauquiez, ex-Ministre de affaires sociales de N. Sarkozy).
 
Les discours font passer le message, on installe le débat.
Osez, osez. Osez aller plus loin, l’autorisation est donnée. D’où les diatribes véhémentes de chacun, qui conduisent à faire croire qu’un véritable débat de société s’est instauré autour du racisme anti-blanc.
 
Le concept de « racisme anti-blanc » émerge ainsi  afin d’inverser les rapports de responsabilités.
 
Comme le dit Alain Gresch (1), « la victime ne serait plus l’immigré ou le descendant d’immigré, mais le blanc, inversion que l’on peut qualifier d’une autre manière : si l’hostilité à l’immigration progresse, c’est la faute des immigrés,  ou encore, si les immigrés vivent et travaillent dans de terribles conditions, c’est de leur faute ».
 
Le racisme anti-blanc, rejoint ainsi les thèses culturelles de l’antichrétien, de l’anti- français, rejetant ainsi, autant l’immigré (qui donc n’est pas d’origine française) et l’antichrétien, donc de confession musulmane. Le trait et la confusion sont faits : l’étranger est musulman.
 
Cette vision conduit donc J. F. COPPE à briser le tabou.
Dans son livre « Manifeste pour une droite décomplexée » (Editions Fayard), il dénonce ces « individus qui méprisent les Français, qualifiés de gaulois au prétexte qu’ils n’ont pas la même religion, la même couleur de peau ou les mêmes origines qu’eux ».
COPPE et FILLON décrivent des différences qu’il ne faut pas cacher, car elles existent.
 
Cependant, ces propos sont dangereux.
On n’a pas le droit de jouer avec ces formules racistes.
 
La thèse d’un racisme anti-blanc est hasardeuse à plus d’un titre. Elle révélerait l’existence, dans notre société, comme le dit Saïd Bouamana (2)  d’ « un racisme des noirs, des Arabes et même des Musulmans, dont les victimes seraient des blancs, les Chrétiens, les Juifs. »
 
Nous la condamnons.
 
S’appuyant sur une construction culturelle de notre histoire, le vieille droite française, s’empare de nos esprits et tente de faire revivre ses vieux démons. 
Cette thèse n’est que l’instrumentalisation des Musulmans comme une population dangereuse, l’Islam et ses mosquées, les barbus, le voile, l’identité nationale, mêlée à des débats plus nobles, comme sur la laïcité, l’émancipation féminine.
Voilà les débats qui ont été lancés à la figure des Français par la droite au pouvoir.
 
Evidemment, et même heureusement, les organisations laïques, républicaines ont participé à ces débats, même si cela sentait la provocation. Elles ont répondu avec des arguments nobles, sérieux, contredisant point par point les idées pouvant conduire à cliver.
Il est dommage que certaines organisations, connues par ailleurs pour ses combats quotidiens contre le racisme se soient vautrés dans la défense de ce concept.

Rappelons que la peur et la stigmatisation ne peuvent sceller une unité nationale.
 
Dans le racisme « ordinaire », où est la part du dominé par rapport au dominant ?
L’apport de nos héritages culturels et humains, de chacun, mais également communs aiderons à la disparition de cette relation, mais surtout pas l’apparition d’un bouclier appelé « racisme anti-blanc », terminologie inventé pour faire peur.
 
L’antidote, c’est l’éducation, la connaissance, l’antiracisme, l’exigence de la reconnaissance de ce que notre pays a pu connaître en termes de crimes coloniaux sans en demander de repentance pour autant.
Ces exigences, ainsi reconnues, l’Histoire alors fera taire ces racismes ordinaires.
Le racisme c’est la haine de l’autre parce qu’il est différent.
Avant-guerre, en temps de crise financière, c’était le Juif qui était le responsable de tous les maux. Aujourd’hui, crise financière oblige, on a trouvé un autre bouc émissaire, c’est le Musulman.
 
L’histoire ne nous aurait donc rien appris ?
 
N’inventons pas de nouveaux concepts. Battons-nous au contraire comme le propose le « 93 au cœur de la République » contre le racisme sous toutes ses formes quelles qu’en soient les victimes.
Tels sont les principes intangibles de notre association pour un meilleur vivre ensemble.
 
 
(1) Alain GRESCH  Rédacteur au monde diplomatique
(2) Saïd BOUAMAMA  Sociologue et militant, membre du Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIPQ)

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