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La vérité sur les violences conjugales

Thème : Société, Violence
Publiée le 27/06/2012 |
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Les violences conjugales ne sont pas toujours celles auxquelles on pense

Au delà de l’exposition de ma vérité qui ne serait qu’un avis éclairé certes mais un avis donc partiel et partial sur les violences conjugales, cet article est un précis sur les violences conjugales qui a pour but d’expliquer comment comptabiliser ce qui par définition est peu accessible à une mesure directe et objective. Il offre aussi un éclairage très proche de la réalité loin des poncifs encore rabâché ces derniers jours.

1 – Les faux chiffres de la violence conjugale

L’enquête la plus citée et servant de référence pour les médias est celle de l’ENVEFF (Enquête Nationale sur les Violences Faites aux Femmes) de 2001. Cette enquête qui n’interroge que les femmes annonce près de 10% de femmes victime de violence conjugale qui se répartissent comme suit : 2% de violence physique et 8% de pression psychologique.

Cette enquête soulève de nombreuses questions quant à sa méthodologie : L’ENVEFF a été sévèrement critiqué notamment par Hervé Lebras et Marcela Iacub (Les temps modernes, n° 623, février 2003) qui ont pointé plusieurs biais majeurs :

* Brouillage de la frontière entre le sens juridique et le sens commun * La méthode de classement des victimes de harcèlement moral est arbitraire * Pas d’enquête similaire concernant les hommes permettant de conclure. * Les refus de répondre à l’enquête (de l’ordre de 8 coups de téléphone refusés pour un accepté) pose la question du profil de la personne ayant répondu.

L’ENVEFF n’est donc pas une enquête fiable dans ses résultats et ne permet pas de conclure sur ce sujet. Cette enquête est un des exemples à ne pas suivre pour la collecte d’information sur les violences et est riche d’enseignements sur les méthodes mises en place pour travestir le réel (liste non exhaustive mais révélatrice) :

* Utiliser des ruses sémantiques * Collecter des informations uniquement sur les violences des hommes envers les femmes * Ne pas publier les données sur la violence féminine * Déformer les conclusions des recherches brutes * Refuser le financement de recherche sur la victimisation des hommes * Employer l’intimidation envers les chercheurs et chercheuses évoquant la violence féminine.

2 – Etudier les violences interpersonnelles : précis à l’usage des néophytes

Dans ce type d’étude l’angle d’attaque est capital, le résultat voulu aussi ainsi que la culture du pays aussi. L’approche Anglo-Saxonne est essentiellement matérialiste et recherche des statistiques et conclu à partir des chiffres alors que d’une manière générale, l’approche française est toujours empreinte d’idéologie et a du mal à s’en dissocier.

Par définition, il est très difficile d’aborder le problème des violences familiales et de quantifier ce qui se passe derrière les portes (allusion à l’ouvrage « behind closed doors » de Suzanne Steinmetz, première sociologue à avoir étudié la violence dans les familles américaines, qui démontre que les deux sexes sont, de manière équivalente, à l’origine de ces violences. Elle a subit, avec sa famille, de nombreuses menaces de violence physique. On lui doit la formule devenue célèbre : « Le crime le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. »).

Il faut donc pour cela mettre en place des méthodes de classification des violences subies, les discriminer et tenir compte du contexte sous jacent : volonté de contrôle, violence de situation ainsi que de la gravité.

Typologie des violences : Il existe plusieurs types de violences : la violence physique, la violence sexuelle, la violence verbale et psychologique, la violence économique.

L’un des pionniers de la recherche sur la violence domestique, Murray Strauss, a développé une méthode de classification des violences : les « tactiques d’agressions » (Conflicts Tactics Scales). Cette méthode distingue les violences mineures comme les menaces de coup, le jet d’un objet potentiellement blessant, le fait de bousculer d’une façon qui aurait pu blesser des violences majeures que sont les coups portés, les tentatives d’étranglement, l’utilisation d’une arme, les violences sexuelles.

Le chercheur Michael Johnson a complété cette approche en considérant des situations de couple. Il distingue la violence situationnelle liée à des conflits ponctuels du terrorisme conjugal qui est une relation d’emprise avec la volonté de détruire ou de dominer l’autre. Cela prend plusieurs formes : tentative de restreindre les contacts avec la famille ou les amis, propos blessants et rabaissement, jalousie, secret gardé sur le revenu familial …

Méthodologies comparées française vs anglo-saxonne : Les données françaises présentent (au moins) un biais grave concernant les violences conjugales : l’appréciation de la violence des actes est laissée en partie aux personnes enquêtées au travers de la question : « Est-il arrivé (…) qu’une personne qui vit actuellement avec vous, vous gifle, vous frappe, vous donne des coups ou vous fasse subir toute autre violence physique ? ».

Ce point pose problème et montre que la perception de la violence diffère selon chaque sexe comme le note Denis Laroche, statisticien québécois : « le seuil à partir duquel certains actes tendent à être dentifiés spontanément par les femmes comme de la violence commence à un niveau de sévérité significativement moins élevé que ce n’est le cas chez les hommes. [...] Si le concept de « violence physique » est défini de manière plus large pour les femmes, il ne faut pas s’étonner qu’on observe dans leur cas des taux de prévalence plus élevés. »

Les chiffres français sont aussi partiels puisque les méthodes de comptabilisation ne sont pas exemptes d’idéologies ni de carence dans la prise d’information (exemple : la gendarmerie fait une distinction sexuée en se contentant de prendre en compte le sexe de la victime seulement si c’est une femme)

Afin de mesurer cette violence, les anglo-saxons utilisent des questions fermées qui s’intéressent à des situations de violence : être menacé(e) de violence, se faire pousser, empoigner, bousculer, gifler, donner des coups de pied, mordre, frapper, battre ou étrangler, être menacé(e) à l’aide d’une arme à feu ou d’un couteau, ou être forcé(e) à se livrer à une activité sexuelle …

3 – Victimologie relative concernant les victimes de violence conjugale : quelques repères

Une fois la théorie posée, il faut maintenant quantifier et conclure. Ce paragraphe présente les résultats des études françaises mais aussi des études menées par les services canadiens et des sociologues américains.

Données américaines : Dès les années 80, dans son livre « Behind closed doors », Suzanne SteinMetz avec l’aide de Murray A. Strauss et Richard Gelles a publié le résultat de ses études sur plusieurs milliers de familles américaines, à l’issue desquelles ils ont décompté: 3.8% de femmes victimes et 4.6% d’hommes (violence sévère). Dans 50 % des cas la violence était mutuelle, dans 25% des cas en provenance de l’homme seul et 25% des cas de la femme seule.

En 2008, avec la même méthodologie, une étude portant sur un panel de 14 000 étudiants dans 23 pays et 68 universités a conclu à une prévalence de 9% en violence sévère (même taux chez les hommes et les femmes) et 25% en violence légère (égale pour les hommes et femmes). Si la violence mutuelle reste majoritaire dans cette étude, la tendance est à la diminution de la violence masculine et l’augmentation de la violence des femmes.

Des études américaines ont montré qu’il n’y a aucun lien entre « domination masculine » telle que définie de nos jours et violence conjugale. Le psychologue Donald Dutton qualifie la théorie patriarcale des violences conjugales d’erreur car elle ne rend pas compte de la violence féminine incluant les violences entre lesbienne.

Données canadiennes : 1 – Le document « Prévalence et conséquences de la violence conjugale envers les hommes et les femmes » publié en 2005 analyse des données de 1999 et rapporte que :

* 6,1% des hommes (soit une part relative d’homme victime de 44 %) * 7% des femmes (soit une part relative de femme victime de 56 %)

affirment avoir subi au moins un acte de violence conjugale (par leur conjoint(e) ou ex-conjoint(e)) dans les cinq années précédant l’enquête.

2 – En 2011, avec des données  de 2009, le Centre canadien de la statistique juridique a publié son rapport « La violence familiale au Canada : un profil statistique », qui comprend une partie consacrée aux violences conjugales : * 155 000 hommes (soit une part relative d’homme victime de 46 %) * 178 000 femmes (soit une part relative de femme victime de 54 %)

se sont déclarés victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint(e) ou ex-conjoint(e) à partir des mêmes questions fermées que précédemment. Grâce à cette étude nous savons que sur cinq ans, 324 000 hommes et 280 000 femmes ont été victimes de violences situationnelles et 413 000 femmes et 228 000 hommes ont été victimes de terrorisme conjugal. Les hommes représentent 54% des victimes de violences situationnelles et 35% des victimes de terrorisme conjugal.

La gravité des actes doit être étudiée : Les violences les plus graves représentent 22% de l’ensemble des violences conjugales physiques. Les violences dont la prévalence est la plus élevée sont classées comme mineures (être poussé(e)s, empoigné(e)s, bousculé(e)s ou giflé(e)s). Elles représentent environ 35% des violences conjugales physiques, avec une part similaire chez les hommes et les femmes. Les femmes sont plus souvent soumises aux violences les plus graves, dont les violences sexuelles, plus susceptibles d’être perpétrées au sein des relations de terrorisme conjugal. 30% des victimes sont en effet blessées lors des violences, et parmi ces 30%, deux fois plus de femmes que d’hommes font état d’une blessure.

Données française : Dans sa publication « Repères » n°15 de juillet 2011 réalisée avec l’INSEE, l’ONDRP estime les violences perpétrées par le ou la conjoint-e :

* 296 000 femmes (soit une part relative de femme victime de 71 %) * 117 000 hommes (soit une part relative d’homme victime de 29 %)

de 18 à 75 ans se déclarent victimes de violences physiques au sein de leur couple sur deux ans.

Ces chiffres sont très rarement évoqués et pourtant ils donnent une vision réaliste mais partielle de la violence conjugale loin de l’image relatée par les homicides conjugaux (En 2010, 146 femmes et 28 hommes ont été tué(e)s par leur conjoint(e) ou ex-conjoint(e)) qui tendent à libeller les violences conjugales « violences faites aux femmes ». Ces cas dramatiques représentent 0.084% du volume total et ne permettent pas de conclure sur les autres situations ni d’en faire un étendard.

Conclusions:

En conclusion, l’appellation « violence faites aux femmes » attribuée aux violences conjugales est complètement abusive et infondée puisqu’en France comme au Canada et au Etats – Unis, les enquêtes statistiques évaluent le nombre de victimes masculines à plusieurs dizaines de milliers par année. Ce déni de la violence faite aux hommes au travers du discours « femmes victimes / hommes agresseurs » est sexiste et constitue une grave violence faite aux hommes de nature systémique et une atteinte a leurs droits humains fondamentaux.

Il est nécessaire de faire des enquêtes générales sur les violences en interrogeant le même nombre d’hommes et de femmes avec une méthodologie inspiré des « Conflicts Tactics Scales ». La considération de la répartition démographique est capitale de la même façon que la prise en compte des facteurs socioprofessionnels, économiques, ethniques et du passif de l’interrogé-e.

Ceci devra s’accompagner dans le réel par une prise en compte par le législateur, la justice, les forces de l’ordre et les services sociaux des victimes des deux sexes dans les protocoles de prise en charge et dans les campagnes de lutte contre les violences. Approche qui ira à l’encontre de ce qui se fait actuellement au travers notamment du 39 19 Violence Conjugale Info qui ne reçoit que 2% d’appels d’hommes puisque sa promotion est axée uniquement pour les femmes.

Il est donc urgent de cesser de politiser la douleur des femmes pour remettre l’individu au centre : La souffrance n’a pas de sexe et sa prise en charge ne doit pas en avoir.

Le Vériteur

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CAMPANA Bertrand

Bertrand Campana est un jeune scientifique passé par de prestigieuse université européenne. Après plusieurs années de passion offert à l'histoire du monde et la géopolitique, il s'intéresse à l'égalité homme - femme par le terrain peu exploré et original de la condition masculine. Il s'investit s...
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