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Un jeu d’enfant réduit ma vie à néant

Thème : Justice, Santé, Handicap
Publiée le 16/01/2013 |
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Révélée par PADE Bruno |
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Je suis une personne comme tout le monde, peut-être que ma photo de profil vous fait peur et pourtant c’est bien moi et je vis avec...
... Enfin je dis ça mais je le mets entre parenthèse parce que ce n'est pas tous les jours facile… Je ne suis cependant pas là pour me plaindre ou pour que l'on me plaigne.

Je n'en serai pas là si un jour du 6 novembre 1971, tout en jouant avec un camarade, un fusil 22 long rifle trainait. Il ne savait pas que l'arme était chargée, parce que cette arme ne lui appartenait pas. Elle appartenait  à M. et Mme Draux Bernard. Le coup partit. J’avais 15 ans à l'époque et mes parents venaient d'arriver dans le nord alors que peu de temps avant nous habitions près d'Amiens. Tout en allant à l'école, je faisais du football et j'avais été repéré par un sélectionneur de l'équipe d'Amiens pour jouer dans leur club. A cette époque, c'était une belle équipe et je voulais faire ma carrière dans le foot mais malheureusement, comme je vous l'explique dans mon profil, je suis resté 15 jours dans le coma. J'ai eu le nerf sciatique touché tout comme le foie, le pancréas et l'intestin grêle. J’ai fait beaucoup de rééducation ou j'ai pu récupérer ma jambe gauche alors qu'au départ j'étais handicapé du bassin jusqu' en bas et là adieu mon rêve de footballeur.

J'ai même entendu un toubib dire à mes parents : « votre fils ne pourra jamais avoir d'enfants ! ». J'ai eu la chance d'en avoir cinq ! La médecine n'est pas toujours précise mais enfin, passons. Je voudrais préciser aussi que ma famille m'a tourné le dos parce que je ne rapportais rien et que la famille de ma femme l’a laissée tomber aussi (à part son père mais elle avait perdu sa mère) parce que, chez eux, on ne se marie pas avec un handicapé ! Heureusement, elle ne les a jamais écoutés et ça fait aujourd’hui 35 ans que nous sommes mariés.

La personne qui a tiré sur moi M. Monnier Didier a été condamnée à me payer des dommages et intérêts et, à ce jour, il a toujours payé et il a bientôt fini ; je le remercie.

M. Draux Bernard qui détenait l'arme a aussi été condamné à verser des dommages et intérêts mais pour sa part, cela fait des années qu'il ne me verse que 75 euros tous les six mois, voire un an. A ce jour, il ME DOIT LA SOMME DE 126 000 EUROS. Pourtant pendant des années il a travaillé en Belgique et d'après mon huissier Maitre Dureux Frédéric (Marchiennes dans le nord) on ne peut saisir sur un salaire belge. Il n'y a pas d'action judiciaire engagée, mais mon dossier est entre les mains deMaitre Bourgois Virginie (rue Henriette Crombez à Oignies), qui persiste à me dire qu'il y a prescription alors qu'il y a eu aggravation. Je me suis deja mis en rapport avec Mme Draux par courrier et elle m'a répondu que je n'étais qu'un égoiste, vu qu'ils ont un dossier de surrendettement et que j'ai deja touché la somme de 25 366,44 euros en 2003. J'appelle régulièrement mon huissier pour avoir le peu qu'il m'envoie, et dans tout ça je me sens géné parce que mon huissier me dit qu'il faut les comprendre, qu'ils ne sont pas solvables et là il décide de renvoyer un courrier chez eux, mais à chaque fois il faut que je rappelle. Il y a eu un procès à l'époque par le TGI de Lille et la Cour d'appel de Douai, d’où ils furent condamnés.
Cette personne me connait bien, nous ne nous fréquentons pas pour autant, mais il a vu mon cas se dégrader et pourtant, il a toujours travaillé ainsi que sa femme mais ils restent indifférents à mes souffrance et à mon état.

Mon affaire est entre les mains d'un huissier ; Lorsque je téléphone pour savoir s’ils ont versé quelque chose, on dirait que c'est moi qui dérange parce que je les appelle pour réclamer mon dû et on me dit : « mais oui M. Padé, on va les relancer et on vous tient au courant ! ». Je n'ai jamais de nouvelles et je rappelle pour entendre encore et toujours la même réponse. Le pire c’est que quand je touche les 75 euros, l’huissier me ponctionne des frais , mais je ne sais pas combien. Je vous envoie le lexique qui normalement ne m'était pas destiné, mais il est arrivé dans ma boite aux lettres sans quoi je n'aurais jamais été au courant du reste de la somme due!  Alors où est la justice dans tout ça ??? Quand on entend parler les gens, on dirait que se sont eux les victimes. Vous savez, je suis peut être handicapé depuis 1971, mais j'ai travaillé, j'ai suivi une formation de monteur-câbleur-soudeur en électronique que j'ai eu haut la main, ce qui m'a valu d'être embauché. J'adorais mon métier et pourtant, un jour, je dus sortir dans la cour de l'usine, je suis tombé sur une plaque de verglas et j'ai attrapé un escarre à la fesse droite, le côté handicapé ou je n'ai aucune sensibilité. Comme je ne pouvais pas faire un métier debout, ni assis après cet accident, la médecine du travail m'a mis en « incapacité de travail ». J’ai fait d' autres boulots, même avec mon handicap je travaillais dans le bâtiment ; je portais des sacs de ciment, j’en bavais mais il fallait que je nourrisse ma petite famille…
Je me souviens aussi d'une fois, c'était au début de mon mariage ou j'ai fait la route à pied avec deux béquilles sous la pluie, pour rejoindre un poste que l'on m'avait proposé à Tourcoing ; personne ne pouvait me conduire, enfin c'est ce que l'on me disait et j'ai bien pleuré ce jour-là car j'avais mal. Un routier s'est arrêté et m'a accompagné, je ne le remercierai jamais assez !
 
Revenons à mon incapacité de travail : j'ai eu du mal à l'accepter et l’accepte toujours difficielemnt aujourd’hui. J'aurai tellement voulu travailler mais la vie la voulu autrement… Un jour, j'ai attrapé un escarre au pied droit, je suis monté à 40° de fièvre et j'ai dû aller me faire soigner en dermato au CHR à Lille. On m’a fait un « lambo », une greffe mais elle n'a pas tenu et pendant 20 ans j'ai été suivi pour des soins, là-bas, à Lille. En attendant, je faisais faire mes soins par l'infirmier mais il fallait attendre car il passait parfois tard alors ma femme à pris le relais et elle m’a dispensé mes soins pendant des années. J’étais souvent victime de décharges thermiques mais, à chaque fois, j'ai eu la chance d'échapper à un septicémie Quand je retournais en dermato, je leur disais que mon escarre s'agrandissait car lorsque ma femme faisait mes soins, elle vérifiait avec une tige stérile qui se trouve dans le « mediset » (c’est un set de soins prescris par le généraliste) et elle voyait qu'il y avait une fistule et qu'elle s'agrandissait de jours en jours. Alors, quand je leur ai signalé, ils ont répondu « mais non, il n'y a rien ! ».
 
Vous savez, à force de fréquenter les mêmes services, je crois que pour eux on était devenu copains. Jusqu'au jour où ma fille qui était revenue de ses vacances à Berk, m'avait rapportée un dépliant qui disait qu'il y avait un professeur à Berk qui s'occupait du mal perforant plantaire. J'ai pris rendez-vous en expliquant mon cas et 3 jours après je voyais ce professeur, et pendant 20 mn il a étudié mon pied, et j'ai entendu ce que je ne voulais pas entendre, je le cite : « le seul moyen pour vous M. P…. est l'amputation. Je vous donne un mois de réflexion mais je peux vous dire que si vous n'acceptez pas, vous allez droit vers un cancer de la peau et des os. ». J'ai cru que le ciel me tombait sur la tête ! En attendant un mois, ma femme continua les soins mais elle pleurait souvent et un jour elle n'a pu continuer de les faire et c'est là que ma fille a pris le relais pendant quelques semaines avant l'amputation. Elles ont été toutes les deux très courageuses et je l'ai fait cette amputation… Un an après, il y a eu infection et je suis retourné pour me faire recouper 1cm… Je ne l'accepte toujours pas mais comme je vous disais au début, je n'ai pas le choix.

Ce que je voudrais, c'est me faire entendre et obtenir réparation (vu que mon état de santé se dégrade de jours en jours) en passant sur maVéritésur.com, car mon histoire est bien réelle et j’espère qu'elle pourra faire réagir des personnes comme des juristes, ou pourquoi pas des hommes politiques… Ce n'est pas sans peine que je me suis tourné vers plusieurs associations comme les "Paralysés de France" mais sans résultats ainsi que des avocats, huissiers par le biais du net mais qui me demandaient ma carte bleue sans savoir mon histoire, seulement pour des frais d'ouvertures de dossier, mais je n'ai jamais rien donné et on me dit toujours « vous savez M. Padé, votre affaire est ancienne…».
 
Je crois que j’ennuie tout le monde pour avoir mon dû, mais je pense que j'y ai droit, surtout en sachant que ces personnes qui me doivent cet argent ont toujours bien vécu et se la « coulent douce » comme on dit. Alors voilà, si je me suis inscrit sur maVéritésur.com, c’est pour crier mon désespoir et peut-être qu'un jour on me comprendra...
 
Je sais que ça fait beaucoup toute cette lecture mais c'est l'histoire de ma vie et je remercie ceux qui auront eu la patience de me lire. MERCI.

Le Vériteur

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PADE Bruno

Je m'appelle Pade Bruno je suis né le 18 février 1956. Je suis marié, j'ai 4 enfants (adultes) et 6 petits enfants, je suis handicapé a 80% et en 3ième catégorie par la sécurité sociale, je suis inscrit sur facebook ou j'ai publié mon histoire. Ce que je demande ce n'est pas de la pitié mais de...
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