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En grève de la faim pour que mon fils ait accès aux meilleurs soins

Publiée le 16/08/2013 |
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Révélée par RICHARD Bruno |
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Depuis que notre fils Robin a été foudroyé, ma femme et moi nous battons pour que ses soins soient renforcés. Aujourd’hui, je fais une sixième grève de la faim.

Mise à jour du 2 septembre 2014 : une nouvelle grève de la faim à venir

 
Suite à ma dernière grève de la faim, qui a duré 17 jours, il y a eu une médiation à la demande du cabinet de Marisol Touraine. Les réunions comprenaient un ergothérapeute, un dermatologue et une philosophe. Nous avons rapidement compris qu’elles ne servaient à rien et que le seul objectif était en fait de nous renvoyer chez nous.
 
Dans le même temps, le centre où était Robin, en Seine et Marne, a porté plainte contre moi pour « tentative de prise d’otage et menaces de morts ». J’ai donc été convoqué à la gendarmerie et interrogé toute la journée. Finalement, cette plainte n’était rien d’autre qu’un prétexte pour nous exclure du centre et transférer Robin à l’hôpital de Clamart.
 
Une expertise bâclée
 
Au mois de novembre, nous sommes donc arrivés dans cet hôpital qui ne pouvait faire que du « nursing » pour Robin : des soins infirmiers et une heure de kiné par jour, autant dire rien. Pour essayer de nous faire taire, l’Agence Régionale de Santé (ARS) d’Île-de-France a demandé une expertise. Cette dernière a été menée par un médecin réanimateur et un neurologue. Elle a duré 45 minutes… au lieu de dix jours.
 
Au bout de trois mois dans l’hôpital, nous avons été convoqués par l’ARS qui nous a donné le résultat de l’expertise : pour eux, Robin était dans un état végétatif, ce qui voudrait dire qu’il n’entendrait même pas, que ses oreilles ne seraient pas reliées à son cerveau. Nous avons plusieurs documents médicaux qui prouvent le contraire : Robin a retrouvé une conscience normale, mais ces examens sont toujours écartés.
 
Une question de budget
 
Pourquoi s’obstinent-ils à ne pas vouloir soigner Robin ? D’abord parce qu’on avait été aidés par Xavier Bertrand. Et tout a été stoppé avec l’alternance en 2012. La deuxième raison réside dans les problèmes du manque de personnel en santé. Le kiné qui s’occupe de Robin nous dit qu’il a besoin de quatre à cinq heures de rééducation par jour. Pourtant, dans tous les centres, on n’accorde qu’une heure de kiné par jour et par personne : c’est une question de budget. Dire que Robin est dans un état végétatif, c’est un prétexte pour ne pas lui donner les soins dont il a besoin.
 
Aujourd’hui, nous sommes abandonnés à Clamart. L’hôpital n’a soit disant pas les moyens de faire la rééducation de Robin. Il est bien pris en charge sur le plan « biologique » mais, sur le plan de la rééducation, c’est vraiment compliqué. Heureusement, ma femme et moi continuons de le faire travailler tous les jours et sa bouche continue de progresser.
 
Une nouvelle grève de la faim
 
La semaine prochaine, je serai de nouveau sur mon banc, en face du Ministère de la Santé, pour entamer une nouvelle grève de la faim – la cinquième sous François Hollande. Nous sommes sur Paris depuis deux ans maintenant, deux ans qu’on nous fait perdre notre temps. On a très peur pour Robin : au centre de tout ça, c’est lui qui souffre, c’est lui qu’on ne fait pas progresser de manière professionnelle. Et on a peur pour nous : ils ont déjà réussi à m’envoyer à la gendarmerie…
 
Mais on ne partira pas de Paris tant que tout ne sera pas terminé. On se bat depuis sept ans maintenant, on n’est pas près de lâcher. Notre pétition est toujours active : elle recueille aujourd’hui plus de 25 000 signatures. Continuez à la signer !

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Retrouvez la Vérité de Bruno Richard, telle qu'il l'a raconté déjà il y a un peu plus d'un an


En mars 2007, Robin, mon fils de 14 ans, est parti en sortie scolaire avec son frère jumeau Maxime : la traversée du département en VTT. Le 29 mars à Trets (13), alors qu'il venait de gagner une course de 20 kilomètres, son professeur lui demanda d'aller chercher du bois dans la forêt pour préparer le dîner, en attendant l'arrivée des autres élèves. Robin, enfant rieur, très bon élève, s'exécuta. Les huit enfants retardataires, dont Maxime, virent à leur arrivée un éclair et une explosion. Maxime, constatant l’absence de Robin partit immédiatement dans la forêt et trouva Robin inconscient au bord d’un précipice d'environ 30 mètres de profondeur.

Robin était brûlé, les yeux grand ouverts regardant le ciel : son cœur ne battait plus. Maxime alerta immédiatement le professeur. Ce dernier pratiqua un massage cardiaque qui dura jusqu'à l'arrivée des pompiers. Le cœur de Robin battait à nouveau, mais très difficilement. Il a immédiatement été transporté à l’hôpital de la Timone à Marseille. Son état était jugé désespéré et son pronostic vital pratiquement nul. Quelques heures plus tard, on nous proposait de le débrancher. Nous avons refusé. Huit mois plus tard, Robin est sorti du coma.

Qui fait le plus de mal à Robin ? La foudre ? Pas sûr !

Robin est un miraculé pour beaucoup de gens comme pour nous. Mais il est aussi une épine dans le pied d’un système « politico-médical ». Lorsque de « grands pontes » décident qu'il vaut mieux le débrancher alors qu'il est bien vivant et qu’il n’y a aucune certitude d'une issue fatale ou d’une non-récuperation, il est très difficile de refuser cette décision inhumaine sans se mettre cette puissante confrérie à dos. Nous avons pourtant les meilleurs médecins au monde mais ils sont tellement impliqués dans les histoires politiques et budgétaires que cela prime sur leur serment d'Hippocrate.

Que faire quand la ministre de la Santé et le président de la République donnent des ordres par écrit qui ne sont pas suivis d'effet ? Que faire quand des médecins qui ne connaissent pas Robin se permettent d’émettre un jugement en répétant bêtement les comptes-rendus de leurs confrères qui n'ont rien fait ? La décision est toujours grave à prendre, mais notre fils tient debout, sait lire, compter, réagit et respire seul. Il se bat dans des souffrances intolérables dues aux manques de soins de kinésithérapie, psychomotricité et neuromotricité mais il continue à progresser, uniquement grâce à notre aide. Ne mérite-t-il pas que je fasse une énième grève de la faim pour qu'on l'aide à remonter la pente ? Ne serions-nous pas des parents indignes si nous baissions les bras alors qu'il se bat pour vivre ?

Je ne mange pas, ne bois rien, ne prends plus mon traitement pour le cœur…

Madame la ministre Marisol Touraine et Monsieur le président de la République, vous vous êtes engagés par écrit : tapez du poing sur la table s'il vous plait ! Nous avons besoin de vous et des médecins sans attendre car l'état de santé de notre fils se dégrade et repousse la possibilité d'un retour à la maison qu'il a quitté il y a six ans.

Depuis le 29 juillet, je suis sur un banc devant le ministère de la Santé. Je ne mange pas, ne bois rien en dehors de quatre cafés sucrés par jour, ne me lave plus et ne prends plus mon traitement pour le cœur. Et je continuerai tant que vous n'aurez pas trouvé une solution acceptable et pérenne pour mon fils. Je n'ai vu personne à part les pompiers, la Croix Rouge et les renseignements généraux, en dépit de ce que rétorque le ministère dans la presse (qu’une médiation serait en cours). Ma vie est secondaire et le monde entier commence à savoir comment on traite un père et son fils en France en 2013.

Une pétition est en ligne. Un site relaye également notre combat : l’association Robin Richard, qui nous soutient et nous aide au quotidien. Pour finir, nous avons écrit un livre qui retrace le calvaire de notre fils : Robin le jour où le ciel se déchira, aux éditions Jacob-Duverne. Je terminerai ce message par trois citations :
 
« Seules sont perdues d’avance les batailles qu’on ne livre pas », de Napoléon Bonaparte.
« Toute société qui prétend assurer aux hommes la liberté doit commencer par leur garantir l'existence », de Léon Blum.
« L'essentiel est d'avoir un cap et de s’y tenir », François Hollande.

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RICHARD Bruno

Mon fils a été foudroyé en mars 2007. Je me bats au quotidien pour que ses soins soient renforcés.
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