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Plaidoyer pour une vraie liberté d’expression

Thème : Société, Education
Publiée le 28/05/2012 |
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Révélée par POURTIER David |
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La liberté d'expression existe-t-elle toujours en France?

Je viens de prendre connaissance de la polémique suscitée par les propos tenus par Eric ZEMMOUR dans sa chronique du 25 mai 2012 sur RTL. Ces propos ont été très vite dénoncés par SOS Racisme, par la voix de son Président, M. Dominique SOPO, et le MRAP (Mouvement contre le Racisme et Pour l’Amitié entre les Peuples).

Le premier dénonce le "machisme grossier dont il ne se départ plus" tout en « espérant qu'un jour les complexes d'Eric Zemmour se résoudront sur un divan plutôt que par l'expression radiophonique d'une haine quotidienne obligeamment permise par la sollicitude de RTL à l'endroit de ce personnage". La seconde association, par voie d’un communiqué de presse, s’est dite « scandalisée par la chronique haineuse, raciste et misogyne d’Eric ZEMMOUR », le MRAP indiquant son souhait de saisir le CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) « pour que sa mission s’exerce contre une radio qui donne un tel espace à la haine raciste et misogyne ». Il serait intéressant d’avoir les réactions de la radio RTL, 1ère radio de France, clairement et directement mise en cause par SOS Racisme et le MRAP.

Mais qu’a donc pu dire Eric ZEMMOUR pour s’attirer les foudres de SOS racisme et du MRAP et de faire de surcroît peser un risque sur son employeur, RTL ? Voici les propos qu’il a tenus (source : site Pure People) : « En quelques jours, Taubira (sic : Mme Christiane TAUBIRA, nouvelle Garde des Sceaux – soit Ministre de la Justice du nouveau gouvernement de MM. AYRAULT et HOLLANDE) a choisi ses victimes, ses bourreaux. Les femmes, les jeunes des banlieues sont dans le bon camp à protéger, les hommes blancs dans le mauvais". Chacun peut bien sûr se faire sa propre opinion.

Pour ma part, Eric ZEMMOUR me semble avoir librement exprimé, dans une chronique prévue à cet effet, son opinion d’éditorialiste. Il ne force, me semble-t-il, personne à penser comme lui. Il n’a demandé à personne d’agresser les femmes ou les jeunes de banlieue. Les auditeurs et citoyens sont libres d’apprécier ces propos, de les partager ou non, de débattre en eux sur ce sujet. A ma connaissance, ces déclarations n’ont pas été suivies d’émeutes raciales, d’incidents à caractère sexiste, de soulèvement des banlieues et encore moins de manifestations d’hommes blancs oppressés. On peut donc s’interroger sur le préjudice subi par la population française du fait de ces propos, dont la majorité n’a d’ailleurs ni entendu ni même eu connaissance de ces déclarations, qui légitimerait de telles réactions des associations SOS Racisme et MRAP ainsi que les actions annoncées, voire les procédures judiciaires qui devraient, à n’en pas douter, en résulter (cela sera sûrement facile au moins d’instruire un dossier contre Eric ZEMMOUR au regard du précédent du jugement de février 2011 sur les déclarations de ce dernier concernant l’origine ethnique de la majorité des trafiquants de drogue).

On est donc dans la répression de la pensée, des idées et non dans la condamnation d’actes ! Dans cette affaire, si une personne devait se sentir visée et pourrait se considérer, à tort ou à raison, fondée à avoir un motif de poursuite, c’est notre Ministre de la Justice, Madame Christiane TAUBIRA, les propos de Eric ZEMMOUR la présentant au mieux comme sectaire, au pire comme raciste anti-blanc. Nous sommes dans un état de droit et il est parfaitement loisible à Mme Christiane TAUBIRA de saisir les tribunaux compétents pour défendre son honneur et faire valoir ses droits. Elle le fera peut-être. Il pourrait quand même être difficile de soutenir une accusation de racisme à l’encontre d’Eric ZEMMOUR. Le fait, en effet, de présenter quelqu’un comme raciste n’a jamais, à ma connaissance, fait de vous un raciste. Dans le cas contraire, on peut s’interroger sur le nombre de condamnations qui pendraient au nez de toutes les associations comme SOS Racisme et le MRAP.

Je me demande donc dans quelle mesure ce type de cas ne doit pas nous inciter à réfléchir sur l’évolution marquée depuis plusieurs dizaines années de la pénalisation à outrance des idées, des opinions personnelles, qu’elles soient exprimées par des journalistes, par des personnes publiques ou par des « anonymes ». Je crois qu’il faudrait sereinement relire la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, qui peut être considérée comme le texte fondateur de la liberté de la presse et de la liberté d’expression dans notre pays.

Certes, comme toute loi, elle était probablement susceptible d’évoluer et d’être adaptée dans le temps. On peut toutefois craindre que des coups de canifs majeurs lui aient été portés depuis le début des années 1970 (dont le moindre n’est pas celui de la loi Fabius - Gayssot du 13 juillet 1990), qui en ont perverti l’esprit et ont conduit à des dérives répressives et liberticides.

Toutes ces réflexions me conduisent à me remémorer un article intéressant que j’ai lu récemment dans Ouest France, intitulé « la captivante pensée libre de Philippe BILGER », antérieur à la chronique de Eric ZEMMOUR précédemment citée. Il n’est pas inutile de préciser que Philippe BILGER a été un grand magistrat français, qui fut notamment pendant 10 ans avocat général à Paris et qui est l’actuel Président de l’Institut de la Parole. Que dit en substance Philippe BILGER dans cet article consacré à son intervention lors d’un colloque d’avocats sur le thème « Droit et liberté » ? Que « malgré les apparences, la classe intellectuelle n’est pas persuadée que les idées nuisibles peuvent avoir le droit de cité » et qu’ « on ne retient que la liberté d’expression qui ne porterait atteinte à aucune victime ». A la question qui lui est posée si « il irait jusqu’à accepter d’insupportables propos, que la loi Gayssot réprime », il répond par un « oui, sans équivoque » précisant qu’il avait « toujours considéré que la loi Gayssot n’était pas une bonne loi » et indiquant que « contraindre le mensonge au silence n’est pas la solution ». Affirmant « préférer l’affrontement des idées », Philippe BILGER n’en est toutefois pas inconscient des limites à prévoir, toutefois « sans savoir où les placer ».

Alors, à quand un retour aux fondamentaux de notre république que le temps et nos gouvernants ont dévoyés ?

A quand le retour à la confiance dans les individus, libres de s’exprimer pour les uns (avec un minimum de limites) et, pour les autres, libres de leurs appréciations, de leurs choix, de leurs votes ?

A quand le retour du débat d’idées dans la société sans française, qui a toujours fait progresser notre pays ?

Quel risque vais-je courir en exprimant avec sincérité mes opinions ?

Le Vériteur

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POURTIER David

50 ans, marié, 2 enfants. Cadre en entreprise. Passionné d’histoire.
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