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Le projet de methanisation de la ferme des 1 000 vaches

Publiée le 04/06/2014 |
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Révélée par LE PUILL Gérard |
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Si l’étable des 1 000 vaches fait beaucoup parler d’elle, on discute trop rarement de son véritable but, la méthanisation, et de son impact sur l’environnement.
Si chaque initiative lancée par les opposants à l’étable des 1 000 vaches en baie de Somme fait ponctuellement les titres de l’actualité, on discute trop peu de la véritable signification de ce type de projet. Il est conçu pour vendre de l’électricité à EDF, via la méthanisation. Le procédé consiste à installer des grandes fosses étanches dans lesquelles on déverse le lisier. Lequel produit du gaz transformable en électricité. Mais, pour que la méthanisation soit rentable, il faut ajouter beaucoup de verdure dans le digesteur.
 
A l’initiative de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), un colloque s’est tenu le 13 mai à Paris sur la méthanisation. Rainer Bolduan, un expert allemand, est venu expliquer le fonctionnement du système outre Rhin. En Allemagne, « la loi de promotion des énergies renouvelable a introduit en 2004, un mécanisme de soutien à l’utilisation des cultures énergétiques pour la promotion du biogaz », a-t-il expliqué. Ce qui revient à subventionner la production laitière en abaissant son prix de revient via le revenu tiré de la méthanisation.
 
Cet expert a également expliqué que le maïs ensilage directement balancé dans les fosses à purin pour produire toujours plus de biogaz couvrait 830 000 hectares en 2013. Il représentait 70% de la verdure utilisée à cet effet et 33% de la production allemande de maïs, tous usages confondus. Il a fallu voter une loi en 2012 pour que le maïs ne dépasse pas 60% des végétaux utilisés dans les 7 720 unités allemandes de méthanisation afin de limiter les augmentations de superficies en maïs.
 
Ne pas accepter en France ces grandes usines à lait
 
Le ministre français de l’Agriculture vient de faire voter une loi promouvant l’agro-écologie. S’il est fidèle à ses convictions, il ne doit pas accepter en France ces usines à lait, ni les grosses unités d’engraissement de jeunes bovins. Car elles polluent beaucoup et introduisent une concurrence déloyale au profit des gros éleveurs qui ont les moyens d’investir dans la méthanisation.
 
Peut-on défendre, côté jardin, une agriculture respectueuse de l’environnement et promouvoir, côté cour de ferme, les ateliers à 1 000 vaches et à 1 000 taurillons ? Car ces installations ont plusieurs défauts majeurs. Elles réduisent l’emploi dans l’agriculture ; elles sont porteuses de nuisances pour le voisinage ; elles font une concurrence déloyale aux exploitations agricoles à taille humaine puisque leur production énergétique est subventionnée. De ce fait, elles sont seules à pouvoir réduire le prix de revient du lait ou de la viande.
 
Plus grave encore, ce type d’agriculture participe au réchauffement climatique. On consomme beaucoup de carburant et d’engrais pour produire le maïs destinés au digesteur. On importe aussi plus de soja pour nourrir les bêtes en stabulation. On favorise ainsi la déforestation en Amérique du Sud et ailleurs. On favorise aussi les cycles de surproduction et la chute des cours de lait et de la viande dans une Europe qui augmente déjà son nombre de vaches dans le cadre de la sortie des quotas laitiers.
 
Au nom du climat et de l’agro-écologie, Stéphane Le Foll doit dire quelle politique il veut pour l’élevage.

Le Vériteur

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LE PUILL Gérard

Journaliste et auteur de "Produire mieux pour manger tous d'ici 2050 et bien après". Né en 1941, j'ai quitté l'école à 14 ans pour travailler sur la ferme tenue par mes parents en Bretagne. En 1965, je deviens ouvrier caoutchoutier en banlieue parisienne. L'usine ferme en 1983. La direction d...
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