Toutes les Vérités > Vivre sur peu de terre avec beaucoup de savoir-faire

Vivre sur peu de terre avec beaucoup de savoir-faire

Publiée le 20/08/2014 |
7947 | Réagir
Révélée par LE PUILL Gérard |
3

Restez informé !

Recevez quotidiennement
les nouvelles actualités
par e-mail.

Photo de la Vérité
A Chanteix, en Corrèze, un jeune couple soutenu par la mairie s’est installé sur une petite superficie de production maraîchère et de plantes médicinales.
Avec la spécialisation que l’agriculture a subie en un demi-siècle, la région Limousin qui produisait de tout est devenue dépendante des produits venus d’ailleurs pour l’alimentation quotidienne. Hormis la viande bovine, la viande ovine et la pomme, dont les productions sont excédentaires au regard de la consommation régionale, presque tous les autres produits que mangent quotidiennement les habitants viennent d’ailleurs. C’est aussi le cas de la production légumière, même s’il subsiste pas mal de jardins potagers en milieu rural.
 
Un maire appuyant un projet réfléchi : une nouvelle exploitation responsable est née
 
Julien Barataud et Audrey Benavent avaient le sentiment qu’il était possible de s’installer en maraîchage dans cette région après quelques années de travail dans la coopération. Ils avaient donc édité une petite plaquette pour présenter leur projet à plusieurs maires de communes rurales afin de trouver de la terre pour s’installer. C’est le conseil municipal de Chanteix, au nord de Brive et non loin de Tulle qui répondra à leur demande. Jean Mouzat, le maire de cette commune de moins de 600 habitants est aussi le président national du MODEF (confédération syndicale agricole des exploitants familiaux) et, à ce titre, soucieux d’installer des jeunes sur sa commune.
 
La demande de ces deux jeunes se limitait à 15 000 mètre carrés. Il suffisait donc de leur louer la partie basse du terrain communal dont la partie haute jouxte les maisons du bourg et sert aussi à l’organisation de fêtes champêtres. Le jeune couple avait aussi besoin de se loger et d’avoir un bâtiment pour travailler. Confiante dans la qualité de son projet, la mairie a rénové une vieille bâtisse avec suffisamment de pièces pour loger les nouveaux arrivants et leur permettre de conditionner leur production légumière ainsi que leur seconde activité consacrée aux plantes médicinales. Ce bâtiment avait été légué à la commune par un agriculteur sans héritier peu avant sa mort.
 
Le maraîchage en circuit court, un succès tous les jours réaffirmé
 
Aujourd’hui, deux ans après leur installation, Julien et Audrey conduisent de pair leurs deux activités et ont aussi trouvé le temps de faire naître deux enfants. Comme leur projet était bien conçu, ils ont obtenu la dotation pour jeunes agriculteurs (DJA). Ce projet ne nécessitant pas de lourds investissements, ils ont pu acheter 15 000 mètre carrés de terres agricoles et un petit bois de même superficie pour accroitre leur production et avoir du bois de chauffage.
 
Pommes de terre, carottes, choux, tomates, courges, échalotes, oignons, salades, haricots verts et pois, la liste des légumes est longue et, sans être dans une AMAP, on fait ici des paniers « à la carte » pour des ménages, dont certains disposent aussi d’un potager avec moins de diversité que les cultures de plein champ conduites par Julien Barataud en agriculture biologique. Du milieu du printemps à la fin d’automne, la recette hebdomadaire dépasse les 400 euros.
 
Explorer un nouveau terrain prometteur, celui des plantes médicinales
 
Mais le maraîchage n’est déjà plus l’activité principale de Julien et Audrey. Ici, on cultive et on cueille dans la nature des plantes médicinales dont certaines sont séchées avant d’être mises en sachets, tandis que d’autres sont distillées et vendues en flacons. Cela va des tisanes aux huiles de massage et, outre la vente à la ferme, ces produits rencontrent un vrai succès sur des salons dans des villes comme Toulouse ou Montpellier. Pour la cueillette de fleurs et de plantes, Julien et Audrey ont signé une convention avec l’Observatoire des milieux naturels sur le plateau de Millevaches et sollicitent l’accord des propriétaires avant de récolter des fleurs sauvages, des bourgeons et des herbes médicinales sur des terrains privés.
 
« La première année, on a couvert nos charges. La seconde est en cours et c’est bien parti pour dégager un revenu décent », précise Julien qui a aussi un statut d’auto-entrepreneur pour réaliser des inventaires sur la faune trois mois dans l’année.

Le Vériteur

Photo du Vériteur

LE PUILL Gérard

Journaliste et auteur de "Produire mieux pour manger tous d'ici 2050 et bien après". Né en 1941, j'ai quitté l'école à 14 ans pour travailler sur la ferme tenue par mes parents en Bretagne. En 1965, je deviens ouvrier caoutchoutier en banlieue parisienne. L'usine ferme en 1983. La direction d...
X

Partagez ma Vérité sur :

Restez informé :