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Ma vérité sur les conventions collectives pour l'emploi dans le cinéma

Publiée le 13/08/2013 |
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Révélée par TAÏEB Hanna |
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Une nouvelle convention collective pour le cinéma doit entrer en vigueur le 1er octobre. Mais, dans la profession, elle fait encore débat.
Le mois dernier, c'était au tour des jeunes professionnels de monter au créneau, beaucoup d'entre eux estimant que la nouvelle convention les « enterrait vivants ». Fraîchement diplômée en post-production, j'ai pesé le pour et le contre.

Il faut se l’avouer, donner un coup de frais à des conventions collectives qui dataient de 1960 partait d’une bonne intention !
 
Qu’apportent ces nouveaux textes ?
 
Principalement, ces nouveaux textes rehaussent les minimas des salaires. Les nouvelles conventions collectives catégorisent les longs métrages, selon leur budget, reconnaissant ainsi la diversité des produits audiovisuels. Les minimas des salaires ne seront donc pas les mêmes pour un film dont le budget est inférieur à 3 millions d’euros que pour un film estimé entre 3 et 4 millions ou encore un film au budget prévisionnel supérieur à 4 millions d’euros.
 
Les textes redéfinissent les métiers de l’audiovisuel. Ainsi un plombier, bien que travaillant exclusivement pour le cinéma ne pourra plus se déclarer comme intermittent du spectacle. A la liste habituelle reconnue dans les métiers de l’audiovisuel, les danseurs, cascadeurs ou autres métiers artistiques non-acteurs ont désormais leur place et une réglementation quant à leur emploi est mise en vigueur.
 
Une nouvelle catégorie de salariés entre aussi dans ces nouvelles conventions : les salariés permanents. Il s’agit des CDI ou CDD des sociétés de production et/ou post production.
 
Concrètement, comment cela s’applique-t-il pour moi ?
 
Une petite présentation de ma situation s’impose. Jeune diplômée de l’ESRA (Ecole Supérieure de Réalisation Audiovisuelle), il me faut actuellement trouver un emploi. Et si possible dans le secteur d’activité de mes études, et pas en restauration comme nombre de mes camarades. Avec une formation plus approfondie aux métiers de la post-production (notamment en montage image), j’ai la chance de pouvoir bénéficier du nouveau statut de salarié permanent en me faisant embaucher dans une société de production ou post-production, seul point positif qu’apportent les nouvelles conventions collectives pour moi.
 
Mais je m’oriente vers le documentaire, et les nouveaux textes ne précisent pas les mesures qui vont y être appliquées. Les salaires auront-ils un minimum quand on sait qu’un réalisateur de documentaire peut être amener à écrire et se documenter sur son sujet pendant plusieurs mois, voire plusieurs années ? Les sociétés de productions seront-elles obligées d’appliquer des salaires minimum un peu élevés dès lors qu’elles signeront un contrat avec un réalisateur ? Ou bien les réalisateurs devront-ils démarcher chez les producteurs une fois leurs projets écrits, accompagnés d’une maquette, et ainsi se « débrouiller » entre petits boulots et aide du CNC pour survivre pendant toute la période de l’écriture ?
 
Le problème de cette hausse des salaires minimum, pour moi, c’est qu’elle rend encore plus compliquée mon entrée dans la production. Est ce qu’un producteur m’engagera pour 400 euros de plus qu’avant, et sans être sûr de mes capacités ?
 
Je suis aussi très inquiète quant à l’avenir du cinéma d’auteur en France. La hausse des salaires est assez conséquente pour pouvoir diminuer la production de films d’auteur. Même si pour un film dont le budget est inférieur à 4 millions d’euros, le producteur est autorisé à compléter le socle minimum des salaires une fois les recettes du films perçues.
 
Ma conclusion : un bilan mitigé
 
Rehausser la grille des salaires permet d’augmenter le pouvoir d’achat des intermittents, et voyons plus loin, leurs retraites. Mais qu’en est-il des nouveaux arrivants sur le marché du travail, trouveront-ils leur place ? Et ce après combien d’années en temps que stagiaire, payés seulement 436,05 euros par mois ?

Le Vériteur

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TAÏEB Hanna

Jeune diplômée de l’ESRA (Ecole Supérieure de Réalisation Audiovisuelle), il me faut actuellement trouver un emploi dans mon secteur d’activité : la post-production et notamment le montage image.
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