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BURE (Meuse) : CIGéo un projet aussi FLOU que FOU !

Publiée le 27/08/2012 |
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Révélée par GUERITTE Michel |
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CIGéo : qui mettrait dans le même panier ASN, IRSN et GPD ?

Publié le 28/08/2012 | Mis à jour le 28/08/2012
Image principale du rebondissement

BURE, projet CIGéo :

on ne peut pas mettre dans le même panier

l’ASN, l’IRSN, le GPD, la CNE, le HCTISN et l’OPECST.

 

L’ASN, Autorité de sûreté nucléaire,

l’IRSN, Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire,

le GPD, Groupe permanent d’experts pour les déchets,

la CNE, Commission nationale d’évaluation des travaux de l’ANDRA,

sont les évaluateurs officiels du projet CIGéo de l’ANDRA.

 

Le HCTISN, Haut Comité pour la Transparence et l’Information sur la Sécurité Nucléaire, ne se contente pas de sa mission d’information, mais favorise l’industrie du nucléaire et notamment les projets d’enfouissement des déchets nucléaires.

L’OPECST, l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques a pour mission d'informer le Parlement des conséquences des choix de caractère scientifique et technologique afin d'éclairer ses décisions. A cette fin il recueille des informations, met en œuvre des programmes d'études et procède à des évaluations. Le problème est que ses animateurs et rapporteurs n’ont pas l’indépendance souhaitée. Les rapports de l’OPECST sot favorables à l’enfouissement des déchets nucléaires.

Intéressons nous ici aux trois premiers et notamment à leur dernier Avis publié, concernant le projet CIGéo.  

 

1 - Tout baigne !

 

A lire les communiqués de l’ANDRA on pourrait croire que le projet CIGéo (enfouir les déchets radioactifs HA et MA-VL à 500 m dans le sous sol de BURE dans la Meuse) est un chantier modèle et que tout baigne, puisque l’ANDRA parle de SATISFECIT GENERAL.

Prenons par exemple les pages 1et 2 de cette publication de l'ANDRA : http://www.andra.fr/download/site-principal/document/editions/368-6.pdf

On peut lire :

Le groupe permanent d’experts pour les déchets (GPD) et l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) ont estimé que le dossier de l’Andra permet bien d’identifier les points importants pour la démonstration de la sûreté d’un futur stockage.

Cinq mois plus tôt, la Commission nationale d’évaluation (CNE) reconnaissait aussi “l’excellente qualité des travaux scientifiques réalisés par l’Andra”.

Satisfecit général, assorti de recommandations !!!

 

L’ANDRA rappelle :

Des évaluateurs indépendants    

La Commission nationale d’évaluation (CNE) est composée de douze experts indépendants nommés par décret chargés d’évaluer l’avancement des recherches relatives à la gestion des matières et des déchets radioactifs.

L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) est l’expert français de l’ensemble des risques liés aux rayonnements ionisants.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) est une autorité administrative indépendante créée par la loi du 13 juin 2006 relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire, chargée de contrôler les activités nucléaires civiles en France.

Le Groupe permanent déchets (GPD) est composé de 35 experts indépendants chargés d’éclairer l’ASN sur toutes les questions relatives aux déchets radioactifs et à leur gestion.

 

2 - En fait il n’en est rien.

 

Analysons les derniers AVIS émis par ces organismes.

En clair, c’est l’IRSN qui fait le boulot et qui rédige ce dossier :

http://www.irsn.fr/FR/expertise/rapports_gp/gp-dechets/Pages/Synthese-rapport-IRSN-Dossier2009-Andra-stockage-HAMAVL.aspx 3

 

3 - Les réserves de l’IRSN

 

L’IRSN n’exprime aucun satisfecit. Elle admet seulement que la démarche de sûreté adoptée par l’ANDRA est satisfaisante et elle émet bon nombre de réserves. Au vu des réserves exprimées, on est en droit de se poser la question : « la démarche de sûreté adoptée par l’ANDRA est-elle satisfaisante ? »  

Les réserves sont effectivement nombreuses et chacun des problèmes soulevés est loin d’être résolu, voir insoluble :

- la concomitance des activités de construction et d’exploitation,

-    les séparations physiques : sas, gaines…

-    la sûreté de la deuxième barrière de confinement,

-    l’impossibilité d’une contamination des locaux,

-    les dispositions qui permettraient de confiner l’activité relâchée,

-    les risques d’incendie,

-    les dispositions pour éteindre un incendie sans intervention humaine,

-    les risques d’explosion,

-    les risques liés au transfert et à la manutention des colis,

-    les situations de blocage de la chaîne cinématique de stockage des colis,  

-    la faisabilité industrielle d’une solution de scellement,

-    l’endommagement de la roche du au creusement,

-    la réversibilité,

-    l’absence d’essai prévu pour les galeries de 9 m de diamètre…

 

Le projet CIGéo n’étant absolument pas prêt aujourd’hui, l’IRSN se contente « d’une approche progressive, qui serait alors raisonnable, dans la mesure où la réalisation des différentes parties du stockage pourrait faire l’objet de demandes d’autorisation spécifiques étalées dans le temps ! »

Et c’est la stratégie qui va être adoptée : ne pouvant pas valider les plans de la construction, ni les matériaux, ni le mode opératoire, on va quand même donner l’autorisation de construire et on validera au fur et à mesure !

En clair, c’est signer un chèque en blanc…

 

Etapes suivantes :

 

Le 29 mars 2010 c’est l’ASN qui demande au GPD. Voir via Google : GPD-2010-1-29-saisine-1.pdf

en vue du Débat public et de la Demande d’Autorisation de Construction, qu’il examine :

• la pertinence de l’inventaire,

• les options de conception vis à vis de la sûreté et de la réversibilité,

• la pertinence du programme d’expérimentations, (faisabilité et calendrier)

• les options d’entreposage (au vu des capacités des exploitants !)

 

Le 29 nov 2010  :

réunion commune IRSN – GPD au cours de laquelle l’IRSN présente son évaluation du “Dossier 2009” au GPD. C’est donc normal que les conclusions du GPD ressemblent étrangement à celles de l’IRSN. On trouve une quantité de copiés-collés. Ce qui est curieux, c’est le délai de mise en ligne du rapport GPD : 20 février 2012, pour une réunion tenue le 29 novembre 2010 : 15 mois ! Mais passons…

 

4 – Les réserves du GPD

 

Vérifiez vous même, c’est un énorme copié-collé des réserves émises par l’IRSN !!! L’ASN, l’IRSN, le GPD : les rois du copié-collé

 

5 – Le gendarme ASN écrit à la directrice de l’ANDRA !

 

Le 1° juin 2011 l’ASN envoie cette lettre à la directrice de l’ANDRA. : Voir via Google : GPD-2010-1-29-lettre-de-position-1.pdf

 

Au vu du Dossier 2009, le GPD a déclaré qu’il y avait faisabilité. Cette déclaration est audacieuse : comment affirmer qu’il y a faisabilité au vu de la liste des problèmes :

• de la descenderie

• des alvéoles MA-VL plus longues avec des galeries de stockage aux deux extrémités

• d’un insert en tête d’alvéole HA

• du risque d’explosion

• du risque d’incendie

• du risque de blocage de la chaîne cinématique

• des conséquences de l’endommagement de la roche

• des problèmes des scellements

• des démonstrateurs pour les ouvrages de grandes dimensions

Et confirme qu’il n’y aura pas d’enfouissement des CU et en annexe I : suite au dossier 2009 : les problèmes :

• de défaillance du colis

• d’exclusion d’un scénario incendie

• des préventions incendie et extinction

• de la co-activité construction-exploitation

• de démonstration de scellement (performance, EDZ, effets des gaz, degré de saturation des scellements),

 

et en annexe II : suite dossier 2005 : les problèmes :

• de modélisation des écoulements souterrains

• de transfert de gaz in situ et leurs effets sur les scellements

• des incidents lors des opérations de transferts

• d’incendie

• de sûreté-criticité

• d’explicitation des barrières de confinement après fermeture

• de comportement mécanique de la roche (technique de creusement)

• de dimensionnement des composants métalliques du stockage

• de ventilation

• de risque d’explosion

• de risque de chute de colis

• de récupérabilité

• des écoulements souterrains

• de la poursuite des études relatives aux biosphères

 

Le 20/02/2012, les rapport de l’IRSN et du GPD ont été publiés, soit 15 mois plus tard !

 

6 – Les réserves de l’ASN

 

L’ASN insiste sur le problème de la réversibilité qui va à l’encontre de la sûreté. (Lors d’une récente réunion dans le cadre de l’ANCCLI, l’ASN a d’ailleurs clairement laisser entendre que la dimension sociétale qu’est la réversibilité pourrait bien disparaître. Puis l’ASN émet exactement les mêmes remarques générales que celles de l’IRSN et du GPD, mais sans entrer dans les détails. Il est curieux de ne pas retrouver là la liste des réserves communiquées à la direction de l’ANDRA. Pourquoi l’ASN, le gendarme du nucléaire, cache cette information au public ?

L’ASN, a diffusé son rapport le 26 juillet 2011.

 

Voilà pour l’indépendance des rapports émis par ces différents organismes…

 

Par ailleurs, notez que le président du GPD, c’est Pierre BEREST, membre de la CNE !!!

 

Si on ne peut pas mettre l’ASN, l’IRSN, le GPD, la CNE, le HCTISN et l’OPECST dans le même panier, on est en droit de se poser des questions sur le processus décisionnel concernant le projet CIGéo…

 

 

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