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Ma vérité sur la politique d'urbanisme de Paris

Publiée le 27/07/2012 |
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Révélée par Monts14 |
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La politique d'urbanisme de M. Delanoë, beaucoup de défauts, peu de respect du patrimoine parisien

L’association Monts 14 se bat depuis 1996 pour la défense du capital de charme de la ville de Paris. Depuis 2008, ce combat a pris une nouvelle tournure avec la volonté affichée d’Anne Hidalgo et Bertrand Delanoë de faire de Paris « une ville du 21e siècle ».

Les principes qui réglementaient le PLU (plan local d’urbanisme) parisien sont de plus en plus bafoués. Les entorses se multiplient, elles touchent les limites de hauteur qui protègent la vue sur les toits de Paris, les limites de gabarit qui garantissent aux riverains un droit à la respiration, le principe de l’intégration dans le paysage urbain, transformé en son contraire, la rupture systématique par rapport au contexte…
 
Le prétexte invoqué par Bertrand Delanoë ? Le modernisme, vivre avec son temps, bouger…
 
Un discours bien connu, avec lequel les élus s’autorisent à mutiler des capitales entières. C’est au nom de la modernité que le centre de Bruxelles a été détruit, une plaie irrémédiable pour la Belgique.
 
La décision de construire des tours n’a rien de démocratique puisque les Parisiens y sont opposés, à une large majorité. Y aurait-il un intérêt général qui primerait sur l’intérêt particulier des Parisiens ? Est-ce la solution pour loger les franciliens qui préfèreraient vivre en cœur d’agglomération? De toute évidence, c’est une utopie, la cherté du bâti traduit une préférence qui ne pourrait être satisfaite à moins de construire plusieurs centaines de milliers d’appartements, donc plusieurs milliers de tours, un désastre patrimonial, et une perte de devises touristiques insupportable pour la balance des paiements de la France.
 
Non, Anne Hidalgo, en annonçant dans les journaux des programmes mixtes à Masséna, mêlant bureaux et logements, flagorne simplement le stress de tous ceux qui ont des difficultés à se loger dans Paris. Construire plus haut pour loger plus, l’idée est tentante. Mais ce préjugé ne résiste pas à l’analyse. Les tours sont un luxe, leur existence est artificielle, tenue à bout de bras financièrement. Elles coûtent trois fois plus cher à la construction et les charges y sont équivalentes à un deuxième loyer. Tout y est hors normes, les matériaux, les ascenseurs, les règles de sécurité, etc. Une famille très riche du Qatar sera peut-être intéressée à y élire domicile. Mais, en aucun cas, ce type de bâti ne convient aux classes les plus pauvres de la population.
 
Une tour n’a d’autre intérêt que d’être un totem qui valorise l’architecte, le promoteur…  et l’élu qui a donné son aval ! Pour rester maire de Paris, ou pour passer le témoin à Hidalgo, Delanoë a besoin de grandir son image. En arriver à surfer sur des préjugés, c’est bien triste !
 
Autre sujet de discorde, la modernité de rupture est imposée aujourd’hui systématiquement à tous ceux qui déposent un permis de construire. Seules sont agréées les architectures de type « container », avec des fenêtres disposées en quinconce ou alignées suivant un rythme « code-barre », les couronnements du genre « crâne chauve », etc.
 
L’harmonie qui se dégage de la physionomie majoritairement haussmannienne de Paris est pourtant une sensation forte qui vaut à notre capitale d’être la ville plus visitée au monde. C’est une chance que nous envient les Belges, les Allemands…
 
Telle est la raison pour laquelle nous avons publié un journal hors-série intitulé Le langage architectural au temps d’Haussmann. Connaître la culture qui sous-tend une œuvre artistique, c’est mieux l’apprécier. On ne rejettera plus la physionomie du Paris haussmannien, comme l’avait fait Bertrand Delanoë dans son discours de mandat au gymnase des Cévennes le 21/11/2011, en le traitant de « vieilles pierres ».

Le Vériteur

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Monts14

L’association Monts 14, fondée dans le 14e en 1996, a pour premier objet la physionomie de Paris. Elle a fait un inventaire du patrimoine de cet arrondissement et publié en 1999 un livre, Le 14e : quête d’un patrimoine menacé. Sur la base de cette investigation, elle a obtenu une modification du ...
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