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Refusons la bruxellisation de Paris

Thème : Société, Urbanisme
Publiée le 14/09/2012 |
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Révélée par Monts14 |
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Changer la physionomie de Paris

Publié le 14/09/2012 | Mis à jour le 14/09/2012
Image principale du rebondissement

 

En janvier 2005, sournoisement, sans la moindre médiatisation, Bertrand Delanoë profite de la révision du PLU pour autoriser des signaux architecturaux peuvant dépasser de 15 m la limite de hauteur des immeubles. Un coup de canif de vengeance car, comme il le dira franchement lors de son discours de mandat au gymnase des Cévennes le 21/11/2011, il n’aime pas les «  vieilles pierres ».

A peine réélus avec la majorité absolue, sans les verts, en 2008, Bertrand Delanoë et Anne Hidalgo mettent le cap sur les tours et veulent changer la physionomie de Paris. Dès le 8 juillet, le Conseil de Paris vote un processus d’études, de débat et de concertation pour la réalisation d’immeubles à usage de logements jusqu’à 50 m et/ou des immeubles de grande hauteur, essentiellement pour de l’activité économique (bureaux, hébergement hôtelier,…) ou de grands équipements…

En septembre, B. Delanoë présente à un parterre de journalistes éblouis la maquette de la Tour Triangle.

En octobre, l’APUR, Atelier parisien d’urbanisme, sort un document où A. Hidalgo montre clairement le changement d’orientation de la politique d’urbanisme.

Fin 2008, dans le cadre d’une révision simplifiée, tous les dépassements sont autorisés pour des raisons écologiques, notamment la construction d’éoliennes

Dans toute la France, courant 2009, apparaît la tentation de sacrifier le patrimoine avec la réduction du droit des associations, l’amendement La Raudière, les contraintes écologiques, etc. En 2010, les passages à l’acte se multiplient avec le désengagement de l’Etat, la vente des monuments historiques comme l’Hôtel de la marine, le vandalisme d’Etat (les arènes de Fréjus coulées dans le béton, l’escalier de la BNF historique en passe d’être démoli) et la suppression des ZPPAUP (zones de protection du patrimoine), remplacées par des AMVAP moins protectrices. Le principe du respect des abords des monuments historiques est de plus en plus abandonné et, avec lui, le principe de l’intégration dans le paysage urbain en général. Les incongruités se multiplient dans le paysage parisien notamment à Necker, dans un site sensible. Certaines ont des couleurs tonitruantes, comme les teintes vives du 3, rue Armand-Moisant.

Delanoë multiplie les coups de canif au règlement. Il déroge au PLU qui vient d’être voté en s’octroyant la possibilité de monter à 37 m à l’hôpital Broussais au lieu de 31 m dans le quartier Didot. Fin 2009, il écorne le fuseau de protection des hauteurs, qui couvre la perspective depuis l’Arc de triomphe jusqu’à la rue de Rivoli, pour rehausser un immeuble de la Samaritaine.

En octobre 2010, la Poste fait reconstruire un immeuble pour le siège social de la Banque postale, un espèce de « crane chauve » luisant comme du plexiglas juste à côté de l’hôtel de Choiseul-Praslin, classé monument historique. Cela fait la page de couverture du journal Monts14 n° 38.

Dans le Monde du 30 octobre 2010, Edelman, journaliste spécialiste de l’architecture au Monde, donne en exemple un immeuble qui saccage un carrefour parisien de grande qualité.

Dans le journal Monts 14 n° 39 de février 2011, un article signé Patrice Maire et Maurice Culot répond à Edelman.

En janvier 2011, j’apprends incidemment que la politique architectural de la Ville marque un tournant. Rencontrant le promoteur d’une opération immobilière au 5, passage Montbrun dans le 14e , celui-ci m’explique qu’il voulait respecter la physionomie de la rue, s’inscrire dans les lignes de fuite…   mais que l’architecte voyer le lui a interdit et l’a obligé à faire du moderne ou, tout du moins, à avoir une expression « minimale ». Autrement dit, le principe de l’intégration au paysage est transformé en  son contraire, le modernisme de rupture.

Edelman récidive dans le Monde du 24 avril 2011 : il fait des éloges dithyrambiques des 88 et 91, rue de la Fontaine-au-Roi dans le 11e et attaque les associations. Le 28 avril 2011, le Monde se fait l’écho des ressentiments d’un promoteur contre les associations.

Ouvrant davantage les yeux, je constate la multiplication des incongruités dans Paris, notamment au 43 rue Desnouette (15e), un « conglomérat de cubes encastrés les uns dans les autres », au 393 rue de Vaugirard (15e), un énorme cube qui dépare un immeuble majestueux.

Dans le journal Monts 14 n° 41 de mai 2011, nous répondons à Edelman. Nous  signalons aussi un projet fort laid que Rachida Dati fera échouer au 38 boulevard de la Tour Maubourg dans le 7e.

Des architectes commencent à protester. A la fin de l’été 2011, Jérôme Auzolle, rédacteur en chef du site Archicool, www.archicool.com, ne mâche pas ses mots sur une modernité qui vient comme un cheveu dans la soupe à l’angle des rues Marcadet et Emile Duployé, dans le 18e.

L’association Paris historique, pourtant peu réputée pour son opposition aux opérations immobilières, réagit sur son blog le 8 septembre 2011 avec un gros titre, Faubourgs la déchirure.

A son tour, le site D Fiction le 11 octobre 2011, fait une critique d’une politique de réhabilitation des quartiers parisiens consistant à faire purement et simplement table rase indistinctement et sans tenir compte de la physionomie existante.

Certains élus de droite commencent à être agacés eux-aussi de ce modernisme de mauvais aloi. Ils me signalent la disparition du Patronage laïque au 72 avenue Félix-Faure dans le 15e, remplacé par un cube ingrat. Je publie un article à ce sujet dans le journal Monts 14 n° 42 de février 2012.

Entretemps aura eu lieu l’enquête publique sur la tour Triangle, suivie des réserves du Commissaire enquêteur en avril, puis de l’éditorial navrant du Monde du 27 avril 2012.

 

Lien : http://d-fiction.fr/2011/10/l%E2%80%99inhabitable-rase/

         http://sauv-derniere.over-blog.org/article-faubourgs-la-dechirure-83708980.html

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