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L'affaire des tweets @EquipierQuick vs Quick : MA VERITE

Thème : Justice, Travail
Publiée le 01/02/2013 |
11968 | 5 |
Révélée par CANUT Nicolas |
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Photo de la Vérité
Pour avoir dénoncé mon quotidien chez Quick sur Twitter, la chaîne s'est livrée à un exercice périlleux de communication en m'attaquant.J'apporte ma vérité.

L'histoire : Pour avoir ouvert un compte anonyme sur le célèbre réseau social Twitter avec le pseudonyme @EquipierQuick, la chaîne de restauration appartenant à un certain pourcentage à l'Etat Français, a décidé de me poursuivre en Justice, en l'annonçant publiquement le 3 janvier dernier.
Une annonce qui a fait « boule de neige » et s'est retourné contre l'enseigne, déjà très écornée publiquement depuis janvier 2011, date à laquelle un jeune adolescent est décédé après avoir pris un repas dans un de ses restaurants, le même où... je travaillais, à Avignon dans le Vaucluse.
Je souhaite donc apporter MA VERITE sur cette affaire de « tweets », et les conséquences néfastes provoquées par la chaîne de restauration rapide qu'ont pu vivre certaines personnes de mon entourage.
 

L'affaire aurait pu se régler en interne. Voire même être étouffée, et oubliée. Mais non. La société Quick France SAS a décidé via son service "Communication" de balancer le 3 janvier dernier, un fameux communiqué de presse.
Ce dernier a provoqué un buzz incontrôlable pour la chaîne, qui ne peut dès lors, plus m'accuser de « préjudice d'image ».
Me poursuivre, pour avoir en réalité dénoncé des conditions d'exploitations d'une manageuse en particulier, dans ce fameux restaurant Quick Cap-Sud à Avignon.
 

Je ne faisais que dénoncer des faits réels. Et encore, je n'ai pas tout dénoncé, même si je garde par devers moi certaines situations pour la Justice qui devrait ouvrir « une enquête préliminaire », même si la société Quick France SAS n'a toujours pas déposé plainte en ce 30 janvier 2013 (date à laquelle cet article est écrit en version finale).

 

Qu'est-ce que je dénonçais exactement ?
Un management inhumain à mes yeux, mais qui ne l'était pas tous les jours. Je relatais le « craquage » psychologique de collègues que j'ai pu voir pleurer, hurler et se plaindre. J'ai pu assister à des scènes surréalistes, notamment celle où un manager en proie à des difficultés personnelles -et qui ne regardaient pas le personnel- s'est vu traité de « demi-manager » par cette manageuse, mais aussi de « merde qui ne sert à rien ».
Des pressions psychologiques qui n'ont pas commencé dès mon arrivée dans l'entreprise, pour laquelle j'avais postulé afin de subvenir à mes besoins après être passé de pigiste sur des dossiers politiques pour une radio du sud de la France (il faut bien vivre, enfin je veux dire, survivre).
Ces pressions sont arrivées lorsque l'autre manageuse est partie en vacances, et devait ainsi être remplacée par Magalie* « seulement deux semaines ». Un remplacement qui n'en était pas un, mais masquait une installation dans la durée « pour redresser le restaurant ». Un ouragan, une tempête, appelez son arrivée comme vous le voulez, mais le courant n'est pas passé, et le vouvoiement (dans la restauration rapide, c'est assez glacial de vouvoyer) était de rigueur entre Magalie et moi-même.
 

Je n'ai pas compris le changement de management brutal que j'ai pu vivre. 
« Tu veux le perdre ton poste ? » a été une des phrases que j'ai régulièrement entendue et me mettait une pression supplémentaire lorsque l'on sait surtout que la période d'essai est de deux mois. Formé par une autre équipière du même niveau, c'est-à-dire « niveau 1 », j'ai dû apprendre sur le tas. J'ai dû apprendre également des règles d'hygiènes très rapidement mais j'ai pu constater que le matériel pour assurer une hygiène irréprochable n'était toujours pas au rendez-vous. En trois mois de contrats actifs, sur quatre officiellement, on ne m'a jamais appris à faire fonctionner cette fameuse machine à laver le sol. J'ai appris sur le tas, et en faisant plusieurs erreurs, quels produits il fallait utiliser... (par exemple, on m'a laissé pendant une semaine laver les tables des clients avec un produit à vitre!).
Il fallait avec Magalie, aller vite (normal, c'est de la restauration rapide et non un salon de thé), mais toujours « plus vite ».
Ainsi, on a osé me demander, alors que j'étais seul pour l'ouverture (dès 7h, voire 8h pour une ouverture du dit restaurant avignonnais à 9h), d'ouvrir la cuisine en « 45 minutes », nettoyage, montage de la cuisine (démontée tous les soirs à la fermeture) et remplissage des frigos compris.
Impossible selon moi, qui le faisait savoir haut et fort à Magalie qui n'aimait pas ça.
 

« Tu devrais te taire et faire comme elle te dit, sinon t'es mort » a été une des phrases qu'une équipière me disait souvent, parfois sous un autre angle. En effet, selon ma collègue de l'époque, il fallait dans ce métier se taire, même si l'ordre est illogique et... dangereux comme la fois lorsque les plaques de cuissons ne fonctionnaient carrément plus, du moins fonctionnaient à 25 %.
Des steaks étaient servis, à peine cuits suffisamment pour éviter toute gastro-entérite éventuelle entre autre.
Un autre ordre, qui m'est arrivé de recevoir, était de fermer les yeux sur des sauces anti-datées, comprenez que la DLC (date de limite de consommation) avait été modifiée la veille (par qui, je ne l'ai jamais su) au soir.
En douce, il m'arrivait de jeter ces sauces sans l'accord préalable, même si j'étais filmé.
Filmés, oui, nous l'étions. Sécurité oblige diriez-vous pour les hôtesses de caisse « ayant un beau physique », mais à quoi ça sert dans une cuisine ? Je ne sais pas. Il est en effet arrivé quelques fois que Magalie visionne ces caméras, ce qui rajoutait des pressions supplémentaires.
 

« Tu ne veux pas travailler le dimanche ? Ok, pas de problème ! ». Certains collègues n'avaient pas le choix de travailler les week-ends.
Pour ma part, je tiens à le dire : ça ne m'a pas vraiment dérangé, même si les deux premiers mois, avoir au moins un week-end m'aurait plu, je ne m'en suis pas plaint. Cependant, je trouvais incroyable que certains équipiers avaient le droit d'exiger un ou tous les week-ends, et que cette exigence était « acceptée ». Traitement de faveur ? Qui le saura ? Personne, sauf les RH de Quick France SAS peut-être, et encore...
 

Le but était donc multiple lorsque j'ai ouvert ce compte anonyme sur Twitter.
Je souhaitais, non pas me plaindre ou dénigrer la société Quick France SAS -chez laquelle j'ai continué à me restaurer occasionnellement après mon licenciement que j'ai appris dans la Presse- mais dénoncer des conditions particulières qui font un « tout » de la part d'une manageuse, qui, je la cite, n'a « rien à [se] reprocher ». Les conditions d'hygiènes douteuses que j'ai pu dénoncer sur ce compte @EquipierQuick, sont exclusivement liées à cette pression psychologique selon moi et selon d'autres équipiers.
 

Mais voilà. La société Quick France SAS « a pris au sérieux » mes messages. Ah ? 
Toujours selon moi, le but principal de la directrice de la communication institutionnelle chez Quick France n'était pas de savoir si ces messages étaient exacts ou non, mais de savoir qui j'étais et dans quel Quick j'officiais.
D'ailleurs, lors de ce fameux 'audit' tant mis au devant de la scène médiatique « qui n'a rien révélé », j'étais présent.
A aucun moment, les dirigeants présents (un responsable des ventes de Bretagne et Avignon, le directeur des trois restaurants du Grand Avignon, et deux personnes, dont la chef des ressources humaines) n'ont attelé une inspection particulière des cuisines...
Mais je dois reconnaître que la société Quick France SAS a été très forte pour nous réunir pendant 48h chaque après-midi (quitte à vider les cuisines et les caisses) pour uniquement « identifier cet internaute ». Une chasse à l'homme en quelque sorte résumée par... une phrase de la DRH : « je compte sur vous pour démasquer cette personne ».
 

L'annonce d'un dépôt de plainte à la Presse Nationale a été pour moi une grave erreur de communication de la part de la marque.
Sans révéler mon identité, l'AFP, Europe 1 mais aussi Le Dauphiné Libéré avaient déjà identifié le Quick en « quelques minutes » selon un journaliste avignonnais. Le buzz est lancé, mais un mauvais buzz pour la chaîne de restauration rapide, déjà ébranlée par le décès de Benjamin Orset, 14 ans, en janvier 2011 dont l'instruction auprès d'un juge avignonais est toujours d'actualité.
 

Pour ma part, je n'ai pas souhaité cette médiatisation comme a pu l'affirmer la chaîne.
Je n'ai pas averti la Presse Nationale. Non. C'est bien le groupe qui s'est suicidé médiatiquement alors que nous aurions pu régler ce problème... dès novembre 2012.
En effet, la directrice de communication institutionnelle de Quick avec qui j'avais des contacts via Twitter, par messages privés, n'a pas répondu à une proposition faite dès mi-novembre : remettre le compte @EquipierQuick ou le fermer.
Je n'ai jamais eu de réponse à cette proposition malgré une bonne volonté de ma part.
Autre point sur lequel s'est appuyé Quick France SAS, les fameuses « QSP », des inspections poussées dudit restaurant, qui logiquement ne sont pas connues à l'avance par l'équipe du restaurant. Hors, lors de cette fameuse QSP de fin octobre 2012, nous avions été mis au courant 48h à l'avance... et je peux vous assurer que oui, la bonne note que le restaurant a obtenu était méritée, puisque nous étions préparés et prévenus !
​Je me suis même fait reprendre par Magalie pour avoir répondu à une question de l'inspecteur, « si tu dois parler à quelqu'un c'est à moi et à personne d'autre, compris ? » d'un ton bien sec.
Tous mes propos n'étaient pas diffamants. Je n'ai en aucun cas menti sur ce que j'ai pu décrire (et encore, ai-je dénoncé les fameuses rumeurs qui couraient sur Magalie et le responsable des ventes ? Non!). Et c'était avec confiance que j'ai répondu à tous ces journalistes Français et étrangers. Un buzz qui n'était pas à mes yeux prévu et qui ne peut ainsi m'être reproché.
 

Mais « quid » de mes preuves ?
Ma défense, qui a commencé dès l'annonce de mon licenciement par la Presse, qui m'aurait été avisé par courriers recommandés [la direction de La Poste affirme dans deux rapports n'avoir « aucune trace » de ces derniers], s'est construite entre la CGT d'Avignon où je suis membre -et donc syndicaliste et fier de l'être pour se battre pour des causes justes-, Me Tabin avocat de la CGT, et moi-même.
Spontanément, des clients sont venus témoigner, fournir des photographies, des réclamations formulées auprès de Quick France SAS sur la « saleté » notamment ou encore le manque de personnels. Mais pas seulement. Car... d'autres ont été écartés après mon départ. Et d'autres équipiers qui n'ont travaillé qu'en décembre 2012 (pendant ma suspension, et qui donc n'ont jamais travaillé avec moi) sont venus confirmer mes déclarations que j'ai tenu sur Twitter et dans la Presse. Des personnes que nous protégeons aujourd'hui, pour éviter un acharnement médiatique sur ces dernières.
Et d'autres équipiers, ayant travaillé cependant avec moi, sont venus spontanément sans aucune contrainte. Ni chèque.

 

Quick France SAS, a fait savoir par le biais de son avocat parisien, que le groupe « était d'accord pour ne pas déposer plainte » sous « conditions » ce 25 janvier dernier, jour en plus de mon anniversaire (un bon cadeau d'anniversaire?). Une plainte tant annoncée les 3 et 4 janvier derniers par la responsable de la communication institutionnelle. Pourquoi reculer ? Nous avons en effet travailler aux corps Quick avec la CGT et notre avocat, afin d'ouvrir les discussions et leur annoncer directement la « couleur » de nos éléments en notre possession, et quelques articles de Presse notamment une Une de La Provence ou encore de Politis laissaient présager que notre dossier était en béton, et je peux vous le confirmer : il l'est.
En aucun cas il ne s'agit d'un chantage. Bien au contraire, nous sommes ouverts aux discussions et débats, et l'avons fait savoir dès le début. Dialoguer, au lieu de s'étriper, n'est-ce pas mieux ?

Attention.
A aucun moment, je n'ai déposé plainte -même si une plainte est en effet préparée et consolidée, mais pas déposée- contre la société Quick France SAS. A aucun moment je n'ai pu déclarer « c'est mal de manger là-bas », bien au contraire. J'ai insisté publiquement sur les raisons qui m'ont poussé à dénoncer, anonymement et sans publicité médiatique, des conditions contraires au Droit du Travail. Et les langues se sont déliées après cette surmédiatisation, que, même si je me répète , je n'ai pas souhaitée.
Il faut tout de même souligner qu'un équipier (mais aussi une équipière) n'est autre qu'un être humain. Et non une machine à « produire, produire, produire et encore produire » comme j'ai pu l'entendre une fois. Si ces équipiers n'existaient pas, vous, clients de la restauration rapide peu importe où, vous ne pourriez pas savourer vos hamburgers et autres productions, préférés. Ne l'oubliez pas. N'oubliez pas aussi que nous sommes là pour vous servir et répondre à vos envies, même les plus folles.
J'ai conscience que mon histoire a crée un tsunami médiatique, puisque intéressante, inédite selon des termes de journalistes, mais pour moi, le but n'a pas été atteint. Le but était simple : faire améliorer les conditions de travail des équipiers, peu importe la chaîne, et plus égoïste peut-être de ma part, changer de manageuse dans ce fameux « Quick Mystère », qui ne l'est plus désormais.

 

Mais je refuse, disons-le très clairement, d'être tenu responsable d'un chiffre d'affaire insuffisant pour ce restaurant, cruel depuis le décès de Benjamin, un jeune adolescent qui n'avait demandé qu'une seule chose : passer une soirée familiale et conviviale avec ses parents.
Cette famille, j'ai pu discuter avec elle. Ému dès la première minute, je n'ai pas pu retenir mes larmes après ce premier contact téléphonique.
En créant ce "bad-buzz", Quick a ouvert la boîte de pandore, notamment dans cette affaire où la constitution de partie civile a été refusée à la chaîne de restauration rapide. Car oui, je serai convoqué semble-t-il prochainement chez le juge d'instruction qui instruit ce dossier inédit en France à la demande des parents du jeune défunt.

Je ne demandais qu'une amélioration des conditions de travail, et au final, j'ai eu le droit à une spirale médiatique que je n'ai pas voulue. Et à des accusations mensongères me concernant. Je n'ai que 24 ans, et ma vie est déjà bien remplie -au point que l'on m'a proposé de réaliser un livre!- et j'ai un moral d'acier tout comme mon caractère. Les trois plaintes déposées depuis 2007 contre ma personne pour « diffamation » ont toujours été classées sans suite puisque les situations vécues que je décrivais ici et là, ont été prouvées.
La défense de Quick France SAS devant un éventuel juge du TGI correctionnel de Paris ou Avignon aurait été simple : le groupe aurait voulu toucher à ma crédibilité en citant une affaire familiale qui a duré près de 11 ans devant les tribunaux de Laon, Saint-Quentin, Avignon et Nîmes, mais aussi celle de ce lycée Picard où les ex-dirigeants sont poursuivis depuis octobre 2006, même si mon statut de « victime » a été reconnu en 2009 par l'Education Nationale après diverses enquêtes internes, après mon exclusion de l'internat (puis du lycée en lui-même) puisque mon « homosexualité portait un danger pour autrui » ! Je n'ai jamais rien inventé, et ce n'est pas maintenant même face à un des géants de la restauration rapide, que je vais commencer à inventer. Et l'Inspection du Travail mentirait-elle si elle confirmait publiquement avoir reçu des signalements d'employés ?

 

Nous attendons désormais le dénouement de cette fausse affaire, avec les « conditions » de Quick France SAS, et nous n'accepterons pas n'importe quelles conditions, quitte à se battre devant la Justice de notre pays, une Justice certes lente, mais qui finit toujours par rendre Justice.
On ne m'empêchera pas de parler lorsque c'est nécessaire, mais aussi d'exister. Le respect s'applique pour toutes et tous, ne l'oublions pas.

 

*Magalie est un prénom d'emprunt afin de protéger la personne concernée, qui a le droit au respect.

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Le Vériteur

Photo du Vériteur

CANUT Nicolas

Né à Saint-Quentin (Aisne) en 1989, militant pour l'égalité entre toutes et tous depuis avoir été exclu d'un lycée picard puisque mon "homosexualité portait un danger pour autrui" au sein de l'internat, je vis à Avignon (Vaucluse) depuis fin 2008 où je me suis engagé avec de nombreuses structures...
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