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Ma vérité sur l'égalité des chances

Publiée le 26/06/2012 |
11072 | 11
Révélée par DICK Patricia |
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Les réactions(11 réactions)

pierre_lacombe (membre) Le 21/07/2012 à 18:59 | #11
Patricia, je trouve ton article très pertinent. Cependant, je voulais réagir sur certains points qui m'ont paru essentiels. Par rapport aux zones d'éducation prioritaire, il est vrai que j'entends autour de moi des personnes en prépa qui trouvent injustes ces possibilités offertes d'accéder aux grands établissements tel science Po; leur mauvaise fois allant jusqu'à trouver comme conséquence un nivellement vers le bas de ces instituts. Et bien pour ces personnes "soucieuses de la qualité des établissements de haut niveau", j'aurais un exemple concret à leur donner, ma cousine habite Bondy dans le 93, elle était en ZEP et a donc bénéficié d'une formation pour intégrer Dauphine, elle est sortie l'année dernière 2ème de sa promotion. Alors certes, les quotas, comme vous tous, je n'y suis pas extrèmement favorable car celà crée conflits et rivalités mais malheureusement aujourd'hui, comme l'a très justement souligné M.POURTIER, nous subissons les décisions adoptées dans le passé par des gouvernements faibles et adeptes de la technique consistant à faire semblant de ne pas voir le problème. Je pense, personnellement que le soucis se situe dans les mentalités politiques d'une part mais nationales également. Bien que le système du "salad bowl" aux USA soit très criticable je ne pense pas qu'on puisse le comparer au problème français, comme le suggère M. DE LANNOY. Enfin, pour l'avenir de votre famille M. BIGORD, sachez que nous avons mis plus d'une trentaine d'années pour arriver à ce système bancal et très controversé, alors je ne pourrais nullement vous annoncer une situation bien meilleure prochainement.
jean-charles_bi (membre) Le 17/07/2012 à 10:25 | #10
Bonjour Patricia, je te rejoins et également Fabrice, lorsque vous dites que la discrimination positive reste une discrimination est n'est pas l'idéal. Et qu'un responsable s'il ne veut pas engager un noir ou autres trouvera toujours un bon prétexte. C'est d'ailleurs pour cela que je suis contre le CV anonyme.Tôt ou tard il y a entretien, donc contact visuel. Pour ce qui est de l'évolution lente des mentalités, mon père est arrivé en France au lendemain de la seconde guerre mondiale, il avait alors a peine 20 ans (1947 pour être précis),il avait un bac en poche, ce qui pour l'époque était un bon niveau d'études. Malgré une évolution certaine durant sa carrière professionnelle,(dans le milieu des assurances, il a d'ailleurs refusé que je travaille dans ce secteur à cause d'une discrimination trop évidente)surtout dûe à un collègue et ami de souche française qui l'a tiré vers le haut, notamment contre l'avis de la hiérarchie, il n'a pas eu l'évolution escomptée. Il est décédé en 2009, et son constat devant la situation c'est que les choses n'évoluent pas et même régressent, pour ce qui est des enfants d'immigrés. Je tiens à préciser qu'en tant qu'antillais, je suis français depuis un grand nombre de générations. Le problème d'ailleurs ne se limite pas à la question de l'immigration car selon les dernières études (dont je ne me souviens plus la source précise, désolé), l'ascenseur social, n'a jamais aussi peu fonctionné depuis la fin de la seconde guerre mondiale et cela concerne également les français issus des couches les plus populaires de la société. La vérité, c'est qu'en France comme dans la plupart des pays du monde, développés, en voie de développement, ou encore sous développés, les sociétés sont bâties sur un système de castes (visible ou non), dont chacune d'entre elles essaye de préserver ses acquis, au détriment des autres. Le milliardaire Warren Buffet à dit, il y a quelques temps de cela"...une guerre entre les riches et les pauvres à commencé il y des années, à l'instigation des riches, et je suis heureux de dire aujourd'hui que nous sommes sur le point de la remporter. Pour conclure, car des exemples prouvant que les élites n'ont aucune envie que la situation évolue, j'en ai a la pelle; Pour l'instant, je ne vois rien d'autres que la discrimination positive et je le déplore malgré tout. J'ai une fille de 3 ans, des neveux et nièces qui ont jusqu'à 15 ans, et je me demande qu'elle avenir pour eux.
DICK Patricia (Vériteur) Le 09/07/2012 à 08:40 | #9
Bonjour Jean Charles, je suis d'accord avec toi sur le fait que les mentalités évoluent lentement. La discrimination est un fléau qui bloque l'accès aux postes à hautes responsabilités où même aux postes dans lesquels il y a un simplement un contact avec la clientèle. Je connais également des jeunes diplômés dans ta situation, qui travaille à Franprix ou qui ont préféré quitté la France pour espérer trouver un emploi. Je trouve cela choquant tout comme toi. Cependant il est important de recontextualiser dans le sens où l'immigration en France est récente : la plupart des enfants d'immigrés sont la première génération de français et l'immigré par définition repart de zéro et il est souvent obligé de recommencer sa vie au plus bas de l'echelle sociale.Je ne dis pas que la discrimination en devient normale, ou que les enfants d'immigrés devraient se contenter de places médiocres ( bien au contraire !!).Je replace juste ce problème dans un contexte spatio temporel et je pense que l'ascension prend du temps.( cf. situation aux Etats Unis). Ma mère est née dans un village togolais, je suis dans une bonne université et j'espère que mes enfants iront aussi loin que leur capacités leur permettront.Par ailleurs, je continue de penser que l'on ne peut pas contraindre l'embauche d'une personne car il s'agit de l'expression de sa volonté. Concrètement, si un patron ne veut pas embaucher de noirs, il trouvera un prétexte valable pour ne pas le faire( il y en a toujours, personne n'est irréprochable et il y a toujours meilleur que soi). Ainsi imposer une réelle discrimination positive serait selon moi inefficace et aurait des conséquences néfastes pour les populations concernées. Il faut donc réflechir à une autre façon de faire évoluer les choses ce qui n'est pas du tout évident..
jean-charles_bi (membre) Le 06/07/2012 à 12:23 | #8
Bonjour Patricia, je suis d'accord dans le fond avec tes propos, cependant aujourd'hui j'ai 35 ans, d'origine antillaise j'ai vécu la plupart de mon existence à Sarcelles, et Villiers-le-bel depuis près de 8 ans. J'étais il y a une dizaine d'années, totalement contre le concept de discrimination positive, justement parce que je craignais une nouvelle stigmatisation des personnes bénéficiant de cette discrimination.Et un sentiment d'injustice de la part de personnes qui pourraient penser qu'elles n'ont pas eu tel ou tel poste ou place au profit d'un discriminé. Je pensais qu'avec le temps les mentalités évolueraient. Cependant, elles évoluent lentement, très lentement, pour ne pas dire qu'elles régressent, en attendant dans nos quartiers, le taux de chômage est affolant (plus de 40% chez les jeunes de moins de 25 ans chez moi)et plus les jeunes sont diplômés, moins ils ont de chances de trouver un poste en corrélation avec leurs cursus. La discrimination positive devrait être appliquées également aux entreprises, et pas seulement pour le personnel d'entretien. Je possède un bac+2 d'assistant de gestion des entreprises ainsi qu'un bac+2 de technicien de maintenance micro-informatique et réseaux, lors de mes nombreux entretiens, j'ai trop souvent été dans des boites où il n'y avait aucune personne représentante de la diversité.Je trouve cela choquant. Pour terminer, je suis tombé sur internet sur une étude faite par les Aéroports de paris et le conseil régional d'île de France, portant sur l'emplois sur la zone aéroportuaire de Roissy. J'ai été surpris d'apprendre que pour certains postes, beaucoup de dirigeants d'entreprises préfèrent aller chercher des employés en Normandie , plutôt que dans la banlieue parisienne. Bref.En attendant un réel changement de mentalité, il faut imposer la différence et tant pis pour ceux qui ne sont pas content.
fabrice_dick (membre) Le 02/07/2012 à 19:35 | #7
Bravo Patricia pour cette article je suis impressionné par ta réflexion sur ce thème. Tout a fait d'accord avec toi sur le sujet la dicrimination postitive est une chose négative, la question n'est pas de discriminer positivement ou de discriminer négativement mais plutôt de ne pas discriminer du tout. Car la dicrimination, qu'elle soit positive ou négative, reste de la discrimination
tomas_aparisi d (membre) Le 28/06/2012 à 11:31 | #6
Salut Patricia, ça fait très longtemps ... J'ai bien aimé ton article, très bien construit, et même si je ne suis pas d'accord avec beaucoup de tes constats, je te rejoins je pense sur certains points quant à la discrimination positive en générale, particulièrement telle que pratiquée aux Etats-Unis. J'aimerais préciser quelques éléments sur Sciences Po, qui présente un cas particulier de "discrimination positive", une version française à mon sens de ce qui se fait outre-atlantique. (Oui, je suis moi-même à Sciences Po, et je suis donc certainement biaisé. Mais sachez tout de même que parmi nous, la politique Descoings ne faisait pas du tout l'unanimité) Tout d'abord il n'y a pas de "places volées", Sciences Po a augmenté ses effectifs dans le même temps qu'a été introduite cette politique d'égalité: le nombre d'admis par chaque mode de recrutement a presque doublé, et il n'y a de toute façon pas de quotas préétablis, tout dépend du niveau de la promo. Puisque les modes de recrutement sont séparés, l'admission n'est conditionnée que par le niveau de l'étudiant ... Sciences Po a toujours eu différent modes de recrutement (Mention Très Bien au bac, concours, entrée en Master ...) et la convention Zep ne représente qu'une méthode de plus: ces étudiants doivent préparer un dossier et passer un entretien. Je ne suis pas sur que cela soit plus souple. Le but est de sélectionner un potentiel d'excellence, et les étudiants admis ainsi sont ensuite intégrés à la promotion de façon indifférenciée. Je connais des "Zep" qui se retrouvent major de leur cours, des "mention très bien" qui redoublent, des "concours" qui abandonnent Sciences Po. Enfin, il n'y a pas de critères d'origine ethnique ou sociale pour accéder au recrutement ZEP. Il s'agit simplement de l'utilisation d'un critère établi par l'Education Nationale, qui met en valeur les conditions difficiles d'apprentissage dans certains établissement. Les élèves recrutés n'ont pas de profil ethnique, social, physique, génétique, ou autre,particulier. En revanche, il est faux de penser que les boursiers proviennent uniquement des conventions ZEP, la mention Très Bien par exemple en recrute une bonne partie, le concours un peu moins. Il faut tout de même noter un élément troublant qui a conduit R. Descoings à vouloir réformer l'accès à Sciences Po : le concours recrute étrangement plus de 2/3 de lycéens de région parisienne. Le constat peut être soit que les parisiens sont plus malins que les provinciaux, soit que, du fait de la présence des meilleures prépas Sciences Po à Paris, les parisiens sont largement avantagés par rapport à leurs camarades de petites villes ou de zones rurales. En somme, le modèle Sciences Po est de considérer qu'il y a une alternative à la sélection de l'excellence par la dissertation d'Histoire du 20è siècle. Peut-être que Sciences Po fait fausse route, mais à mon sens c'est aussi notre modèle français du concours permanent, de la dissertation couperet, unique au monde probablement, qui est à réformer autant que le système éducatif dans son ensemble, si l'on ne veut pas gâcher des potentiels.
DICK Patricia (Vériteur) Le 27/06/2012 à 22:16 | #5
Merci beaucoup Earth William. Vous soulignez à juste titre l'importance de la famille et de l'environnement dans lequel on grandit. Nous ne naissons évidemment pas dans les mêmes conditions sociales et les talents des classes sociales favorisées ( et les autres) auront certainement plus de facilité à réussir leur vie que ceux qui proviennent de milieux moins favorisés.Cela souligne les limites de la méritocratie républicaine. Cependant, à partir de ce constat,certains pensent pouvoir résoudre ce problème en niant le principe d'universalisme républicain et en s'inspirant du modèle américain, avec tout ce que cela implique (ghettos, communautarismes, rivalité). Je n'envie pas ce modèle qui n'appréhende les individus que dans une dimension ethnique, sexuelle, etc. Et bien que l'on puisse déjà observer des "ghettos" dans les cités françaises, des minorités diverses y cohabitent ce qui est une démonstration paradoxale de ce que l'universalisme républicain est capable de faire.
marcel_chambrie (membre) Le 27/06/2012 à 17:49 | #4
Effectivement, très bon article Patricia et quelle maturité pour une si jeune femme. Bravo de ne pas céder à la facilité des raisonnements simplistes qui nous conduisent dans le mur en France
TERRIEN Guillaume (Vériteur) Le 27/06/2012 à 13:22 | #3
Excellent article Patricia mais je crois personnellement comme vous que le débat ne se situe pas tant dans les différents aspects liés à la discrimination positive mais plutôt aux sources du dysfonctionnement de l'ascenseur social. L'éducation et la situation géo-citadine joue également un rôle important dans les facteurs d'échec des minorités (cf. politique d'immigration Giscardienne). Nous ne naissons pas égaux avec les mêmes chances d'accéder à "l'élite" même si l'on tente toujours de nous le faire croire et c'est pourquoi ces démarches sont bonnes à prendre. Cela ne veut pas dire qu'en naissant dans un environnement défavorable, il est impossible de s'en sortir mais seulement que cela nécessite un courage et une détermination de tous les instants (et encore si l'éducation des parents oriente l'enfant dès son plus jeune âge vers cet objectif ce qui est loin d'être toujours le cas!). Contrairement à vous, je pense que ce type de discrimination est utile et que ses conséquences sur les communautarismes ne sont pas plus dramatiques que l'enfermement des classes sociales inférieures dans des "ghettos". La personne qui se plaint d'être arrivée à deux doigts de l'admission n'a qu'a s'en prendre à elle-même; Elle n'était tout simplement pas assez forte pour faire partie de cette "élite" (et il m'est arrivé la même chose pour le concours de Sciences Po'!!!). Cela dit, cet article est justement une belle preuve de courage et de détermination et je ne peux que saluer ces deux qualités. Continuez ainsi et je pense que vous ferez partie de "l'élite" plus tard mais n'oubliez jamais de remercier vos parents de l'excellente éducation qu'ils semblent vous avoir inculquée!
DICK Patricia (Vériteur) Le 27/06/2012 à 13:04 | #2
Merci, je pense comme vous que les quotas ne sont pas la solution car ils instaurent un climat de rivalité et un sentiment d'injustice qui nuisent à la cohésion sociale. Je pense que les mesures devraient être prises plus en amont, et qu'il faudrait rendre les personnes capables d'accéder aux meilleures écoles plutôt que de différencier les concours ou les modalités d'inscription. Je trouve très intéressantes vos remarques sur les mesures prises par le passé.
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