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La permaculture : un jardin bordélique et productif

Publiée le 21/05/2014 |
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Révélée par LE PUILL Gérard |
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La journaliste Carine Mayo publie un livre sur la permaculture, un système de production fondé sur les relations entre les espèces et sur la photosynthèse.
Faire ses courses en grande surface donne parfois envie d’avoir un jardin. Ainsi, un Leclerc de la banlieue parisienne affichait récemment des courgettes, des poivrons, des carottes, des concombres et des oignons à 6,50€ le kilo. Ananas, melons et pastèques coûtaient 8,50€ le kilo.
 
Ces marchandises n’étaient pas vendues en vrac mais en petites barquettes dans des bacs réfrigérés. Les carottes étaient déjà râpées dans leur boîte en plastique tandis que les autres produits étaient coupés en tranches et présentés dans un contenant. C’est à croire que couper une courgette en rondelles avant de la mettre dans le faitout serait devenu à ce point compliqué qu’il vaut mieux la faire trancher au magasin comme une côte de bœuf chez le boucher.
 
La courgette entière valait 1,39€ le kilo au rayon légumes, la carotte 1,49€ et les poivrons 2,69€. Ça fait cher, le coup de canif chez Leclerc. Quand l’offre en magasin se diversifie au point de prendre le consommateur pour un imbécile, il est temps de faire un bras d’honneur au patron en cultivant au jardin une partie de ses légumes.
 
Un jardin en permaculture : une jungle luxuriante
 
Je venais de lire Le guide de la permaculture au jardin (1) quand j’ai vu ces barquettes attrape-nigaud. Cette forme de jardinage associe en permanence des cultures différentes sur des reliefs qui font gagner du terrain. « Un jardin inspiré de la permaculture ressemble plus à une jungle luxuriante qu’à un potager traditionnel avec ses plates-bandes bien alignées », écrit Carine Mayo.
 
De la paille au sol par endroits, des plantes aromatiques entre les rangs de carottes et de poireaux pour éloigner certains insectes, le jardin en permaculure donne l’image d’un joyeux bordel. En témoignent les photos qui illustrent ce livre. Mais la productivité est au rendez-vous comme le montre l’exemple de la Ferme du Bec Héllouin, où Perrine et Charles Hervé-Gruyer exercent le métier de maraîchers depuis 2006.
 
A l’opposé de l’agriculture industrielle, en permaculture, « on cherche à augmenter la productivité du système en faisant en sorte que la production totale soit supérieure à la quantité d’énergie qui y est investie. Il s’agit d’utiliser le moins possible d’énergie fossile et tirer davantage parti de l’énergie solaire grâce à laquelle les plantes accomplissent la photosynthèse, nourrissent les herbivores , qui à leur tour nous alimentent », écrit l’auteure.
 
Les déchets transformés en ressources
 
Certes, si le jardin est petit, il est difficile d’avoir des herbivores pour faire du fumier. Encore que, lapins et poules pondeuses peuvent recycler des végétaux non consommés par les humains et produire un peu de fumier. En permaculture, « tout déchet est transformé en ressource » et c’est aussi pourquoi il est sans doute plus aisé de l’expérimenter dans son jardin plutôt que sur une exploitation agricole.
 
Au fil des pages, le livre nous fait découvrir des gens passionnés, engagés dans des parcours jardiniers et arboricoles astucieux dans plusieurs régions de France et en Belgique, du côté de Mouscron. On peut penser que la personne qui jardine depuis un demi-siècle en tirant au cordeau ses planches de choux pommés, de haricots verts, de laitues et de carottes doutera de l’intérêt de la permaculture en voyant les photos qui illustrent cet ouvrage. Mais les novices qui n’ont jamais fait de jardin auront probablement envie de s’y mettre. Y compris sur leur balcon en peine ville si c’est le seul endroit dont ils disposent.
 
Car la permaculture se veut « une philosophie de la vie pour la mise en place d’une société durable » et c’est peut-être là le message essentiel en ce siècle de plus en plus marqué par le réchauffement climatique.
 
(1) Le Guide de la permaculture au jardin, édité par la Scop Terre vivante ,192 pages, 22€

Le Vériteur

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LE PUILL Gérard

Journaliste et auteur de "Produire mieux pour manger tous d'ici 2050 et bien après". Né en 1941, j'ai quitté l'école à 14 ans pour travailler sur la ferme tenue par mes parents en Bretagne. En 1965, je deviens ouvrier caoutchoutier en banlieue parisienne. L'usine ferme en 1983. La direction d...
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